Avec le retour des Taliban, quel avenir pour les femmes et les fillettes en Afghanistan?

Après l’offensive éclair des Taliban à travers l’Afghanistan, les femmes et les fillettes du pays, dont beaucoup avaient grandi avec des droits et la liberté, apparaissent comme les plus vulnérables. Alors que le mouvement islamiste radical a repris Kaboul, elles risquent de perdre ces acquis obtenus de longue lutte. 

Au lendemain de la fuite du président Ashraf Ghani, et alors que les Taliban ont déclaré que la guerre était terminée dans le pays, des centaines de personnes ont convergé lundi 16 août dès l’aube vers l’aéroport pour tenter de fuir. Vingt ans après, les femmes et les fillettes paraissent de nouveau vulnérables.

Lorsqu’ils dirigeaient ce pays, entre 1996 et 2001, les Taliban avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier. Le port de la burqa était obligatoire en public et elles ne pouvaient quitter leur domicile qu’accompagnées d’un « mahram », un chaperon de leur famille. Les flagellations et les exécutions, y compris les lapidations pour adultère, étaient pratiquées sur les places des villes et dans les stades.

Les Taliban cherchent aujourd’hui à présenter un visage plus modéré. Ils ont maintes fois promis que s’ils revenaient au pouvoir, ils respecteraient les droits humains, en particulier ceux des femmes, en accord avec les « valeurs islamiques ». L’un de leurs porte-paroles, Suhail Shaheen, a déclaré à la BBC que les droits des femmes seraient préservés, tout comme les libertés des médias et des diplomates. « Nous assurons la population, en particulier dans la ville de Kaboul, que leurs propriétés, leurs vies sont en sécurité », a-t-il déclaré.

Antonio Guterres « particulièrement préoccupé par l’avenir des femmes et des filles »

Pas convaincu par ces propos, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, « particulièrement préoccupé par l’avenir des femmes et des filles, dont les droits durement acquis doivent être protégés », a appelé toutes les parties au conflit à « la plus grande retenue ».

Selon des chiffres de l’ONU, depuis le début de l’année 2021, les décès de civils ont augmenté de 50 %. Il y a eu plus de femmes et d’enfants tués et blessés dans le pays dans les six premiers mois de l’année par rapport à n’importe quelle année depuis 2009.

Le gouvernement afghan accuse les Taliban de ces assassinats. « Les femmes et les enfants souffrent le plus, et nos forces essayent de sauver la démocratie. Le monde doit le comprendre et nous aider », avait déclaré un porte-parole du gouvernement afghan, le 13 août.

Alors que la capitale est tombée entre les mains des Taliban, ces appels à l’aide semblent arriver bien tard. Dans les zones nouvellement conquises, ils ont déjà été accusés de nombreuses atrocités. Les Taliban feraient du porte-à-porte pour établir des listes de jeunes filles et de femmes âgées de 12 à 45 ans, dans le but de les marier de force avec des insurgés islamistes. Ces dernières ne peuvent pas non plus sortir sans une escorte masculine, ne peuvent travailler ou étudier et ne peuvent choisir librement leur tenue. Les écoles sont également fermées.

Des rêves brisées

Pour toute une génération d’Afghanes qui sont entrées dans la vie active en tant qu’avocate, journaliste, gouverneur local, médecin, infirmière, enseignante ou agent administratif, il y a beaucoup à perdre. Alors qu’elles se sont battues pour travailler aux côtés de leurs homologues masculins au sein de communauté qui n’avaient pas l’habitude de voir des femmes dans des positions d’autorité, elles envisageaient un avenir meilleur pour elles-mêmes et les générations futures.

Zahra, membre d’une ONG âgée de 26 ans, fait partie de ces jeunes femmes qui ont peur que leur éducation et leurs ambitions ne mènent plus à rien. « Je suis en état de choc », déclare-t-elle à AP. « Comment est-ce possible pour une femme comme moi qui a tant travaillé pour apprendre et évoluer de me cacher désormais et de rester chez moi ? ». Zahra a dû arrêter de se rendre à son bureau il y a un mois face à l’offensive des Taliban.

« Un oiseau noir »

De nombreuses Afghanes ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour exprimer leur frustration face à cette situation. « J’ai commencé ma journée en regardant les rues vides de Kaboul, horrifiée [pour] les habitants », écrit Fawzia Koofi, militante des droits et ancienne vice-présidente du Parlement afghan. « L’histoire se répète si vite ».

I start my day looking at empty streets of Kabul, horrified it’s people. History repeats itself so quickly.— Fawzia Koofi (@FawziaKoofi77) August 16, 2021

« La peur reste en vous comme un oiseau noir », ajoute Muska Dastageer, maître de conférences à l’université américaine d’Afghanistan, inaugurée cinq ans après le départ des Taliban. « Il ouvre ses ailes et vous ne pouvez plus respirer ».

The fear just sits inside your chest like a black bird. It opens its wings and you can’t breathe.— Muska Dastageer (@DastageerMuska) August 15, 2021

Le compte Twitter de Rada Akbar, une femme de 33 ans, était rempli lundi d’émoticônes « cœur brisé ». « Mon Afghanistan bien-aimé s’est effondré sous mes yeux », écrit-elle dans un message.

Dans un autre tweet, une photo devenue virale montre un homme recouvrant de peinture la photo d’une mariée souriante affichée sur la vitrine d’un magasin. Pour elle, le geste de cet homme montre qu’il faut désormais « effacer les femmes de l’espace public », car les Taliban ne tolèrent pas de reproduction d’images de femmes.

Erasing women from the public space💔 https://t.co/da2KsXtbCZ— Rada Akbar (@RADAAKBAR) August 15, 2021

Cette peintre et photographe est connue pour ses autoportraits qui constituent sa déclaration d’indépendance et la revendication de son héritage, au nom des Afghanes. Cette année, elle a été contrainte d’organiser son exposition, qui rendait hommage à des personnalités féminines afghanes, en ligne, après avoir reçu des menaces. Lundi matin, sa peur était palpable. « Je veux devenir invisible et me cacher du monde », écrit-elle dans son dernier tweet.

Interdiction de travailler

L’ancienne avocate Farkhunda Zahra Naderi membre du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, a elle aussi été témoin de l’ouverture de son pays au cours des vingt dernières années. « Ma plus grande peur maintenant est qu’ils marginalisent ces femmes qui travaillent dans des positions dirigeantes, qui ont été une voix importante contre ceux qui les maltraitaient et qui essayaient également de changer les choses sur le terrain », résume-t-elle dans une interview avec Bloomberg. « S’ils éliminent ces dirigeantes, qui restera-t-il pour parler pour ces femmes et défendre ce qu’elles ont acquis ces vingt dernières années ? ».

Lors de leurs pourparlers avec les pays occidentaux, les Taliban ont promis que les femmes continueraient d’avoir des droits égaux en accord avec l’islam, dont l’accès au travail et à l’éducation. Mais dans des villes tombées aux mains des insurgés, les femmes ont déjà perdu leur travail. Des employées dans des banques de Kandahar et de Herat ont été harcelées par des Taliban en juillet. Des hommes armés les ont escortées jusque chez elles et leur ont dit de ne pas retourner au travail.

« C’est vraiment bizarre de ne pas être autorisée à travailler, mais c’est comme ça maintenant », témoigne Noor Khatera, l’une des employées de la banque, à Reuters. « J’ai appris l’anglais et à me servir d’un ordinateur et maintenant je vais devoir trouver un endroit où je peux seulement être avec des femmes ».

Pour les étudiantes, l’avenir s’annonce tout aussi sombre. Selon Victoria Fontan, vice-présidente de l’université américaine d’Afghanistan, certaines de ses élèves sont désormais terrées dans les villes de Kandahar et de Herat déjà prises par les Taliban. « La vie est difficile pour elles », raconte-t-elle à France 24. Vont-elles pouvoir continuer à étudier en ligne ? […] Elles ont peur d’être confinées chez elles et de ne plus pouvoir étudier » .

Marianne O’Grady, la directrice de CARE en Afghanistan, est plus optimiste. Elle pense que les progrès obtenus par les femmes au cours des deux dernières décennies seront difficiles à effacer. « Vous ne pouvez pas déséduquer des millions de personnes », a-t-elle affirmé à AP. Si des femmes « sont retenues derrière des murs et ne peuvent pas sortir, elles pourront au moins transmettre leur savoir à leurs cousins, leurs voisins ou à leurs enfants ce qui n’était pas le cas il y a vingt-cinq ans ».

Fuir ou rester

Beaucoup de femmes ont cependant choisi de fuir. Depuis le mois de mai, près de 250 000 Afghans ont quitté leur maison, dont 80 % de femmes et d’enfants, selon l’ONU.

Sahraa Karimi, l’une des réalisatrices afghanes les plus connues, dit ne pas avoir l’intention de quitter l’Afghanistan. « Jusqu’au bout, je n’abandonnerai pas mon pays », a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée sur Twitter, essuyant des larmes. « Peut-être que beaucoup penseront que c’est de la folie. Mais la folie, c’est ce qu’ont fait ceux qui ont abusé de notre patrie […]. La bêtise, c’est ce que le monde a montré en nous tournant le dos ».

Source: France 24

Journée internationale de la femme africaine

 Journée internationale de la femme africaine

 Paula INGABIRE, ministre rwandaise des Technologies de la Communication et de l’Innovation

Le 31 juillet, l’Afrique célèbre Journée internationale de la femme africaine. Un événement qui existe depuis presque 60 ans. L’occasion de révéler les contrastes qui saisissent le continent.

La journée internationale de la femme africaine a été célébrée pour la première fois le 31 juillet 1962. A cette date, se sont rassemblées des centaines de femmes venues de tout le continent africain à Dar es Salam, en Tanzanie, pour créer ce qui deviendra l’Organisation panafricaine des femmes.

Le Rwanda, champion toutes catégories

Cette journée est l’occasion de faire le point sur la situation des femmes sur le continent africain. Sur le volet politique et en matière de parité, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Sénégal se situent parmi les pays les mieux classés. En moyenne, dans ces trois États, les femmes représentent plus de 43% des députés. A titre de comparaison, en France, 39% des députés sont des femmes.

Il y a un pays africain qui se détache du lot : il s’agit du Rwanda. Le pays compte 61% de femmes au sein de son parlement. Parmi les moins bons élèves du continent africain, toujours en matière de parité en politique, on trouve le Nigéria, le Soudan, l’Érythrée, le Bénin et la Gambie : moins d’un député sur dix est une femme.

Chiffres moins glorieux

Si l’on observe la place des femmes dans les sociétés de ces différents pays, les chiffres sont moins glorieux : en matière de santé notamment mais aussi en ce qui concerne le mariage ou les violences domestiques.

Selon l’ONG Amnesty International, en Afrique du Sud, par exemple, le taux de violences contre les femmes est cinq fois plus élevé que la moyenne mondiale. Autre donnée : d’après un rapport de l’ONU daté de 2017, 125 millions de femmes africaines ont été mariées avant l’âge de 18 ans.

Source: le courrier de l’atlas

Covid-19: au Royaume-Uni, les femmes enceintes encouragées à se faire vacciner

Au Royaume-Uni, sur 700 000 femmes qui accouchent chaque année, seules 20 000 ont reçu les deux doses de vaccin contre le Covid-19.
Au Royaume-Uni, sur 700 000 femmes qui accouchent chaque année, seules 20 000 ont reçu les deux doses de vaccin contre le Covid-19. AFP – ISABEL INFANTES

Le variant Delta est plus dangereux pour les femmes enceintes. Or nombre d’entre elles hésitent encore à se faire vacciner au Royaume-Uni. Les résultats d’une étude de l’Université d’Oxford indiquent que le vaccin les protège.PUBLICITÉ

Avec notre correspondante à Londres, Marie Boëda

Quarante-cinq pour cent des femmes enceintes admises à l’hôpital développent des formes modérées ou graves du virus, indique l’étude. Cela peut se traduire par une pneumonie, un manque d’oxygène, voire un décès. Des données récoltées lorsque le variant Delta est devenu majoritaire dans le pays. Et sur ce pourcentage, aucune n’était complètement vaccinée et seulement 0,5% avaient reçu une dose.

« Les vaccins sauvent la vie et ces chiffres sont un rappel qu’ils peuvent vous garder, vous et votre bébé, en sécurité et hors de l’hôpital », déclare la responsable des sages-femmes du NHS en Angleterre.

Une deuxième dose recommandée avant le troisième trimestre de grossesse

Elle leur recommande de recevoir la deuxième dose avant le troisième trimestre de grossesse. C’est à ce moment-là que les formes graves sont les plus fréquentes. En plus de se protéger, les dernières études montrent que les mères transmettent des anticorps à leur bébé.

Même recommandation cette semaine de la Première ministre écossaise et du ministre britannique des Vaccins. Sur 700 000 femmes qui accouchent chaque année, seules 20 000 ont reçu les deux doses.

Source: RFI

Arabie saoudite : pour la première fois, une femme nommée ambassadrice aux Etats-Unis

L’Arabie saoudite a choisi de nommer une femme, la princesse Rima bent Bandar, comme ambassadrice à Washington. Elle sera la première femme à occuper ce poste-clé au sein de la diplomatie saoudienne.Partager 

L‘Arabie saoudite essaierait-elle de se racheter une conduite ? Elle a en tout cas nommé samedi et pour la première fois une femme au poste d’ambassadrice aux États-Unis, alors que les relations entre les deux alliés ont été mises à mal ces derniers mois par l’affaire Khashoggi, journaliste saoudien tué en Turquie.

La princesse Rima bent Bandar va remplacer à Washington le prince Khaled ben Salmane, frère cadet du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, nommé ministre adjoint de la Défense. Elle sera la première femme à occuper ce poste-clé au sein de la diplomatie saoudienne. Elle est la fille du prince Bandar ben Sultan, qui fut ambassadeur aux États-Unis de 1983 à 2005. Elle a été pratiquement élevée aux États-Unis et elle est l’une des rares princesses impliquées dans la vie publique.

Des détentions arbitraires

Considérée comme une avocate des droits des femmes, elle a notamment fait campagne pour une participation accrue de ces dernières dans le sport saoudien. Dans le même temps, son pays fait toutefois face à de nombreuses critiques de défenseurs des droits humains en raison de la détention jugée arbitraire d’une dizaine d’activistes des droits des femmes et d’accusation de mauvais traitements et de tortures qu’elles auraient subis.

D’autres polémiques ont terni l’image «progressiste» que voulait donner Mohammed ben Salmane au royaume wahhabite. La semaine dernière, les eurodéputés ont appelé le gouvernement saoudien à mettre un terme au «système de tutelle masculine» sur les femmes alors qu’une application, Absher, permet de contrôler le déplacement des femmes dans le pays – et également de les empêcher de le quitter.

«La princesse Rima sera la première ambassadrice de l’histoire saoudienne», a tweeté le fondateur de l’Arabia Foundation, un think-tank pro-saoudien, Ali Shihabi, estimant qu’il s’agit d’un «signal fort pour l’intégration des femmes dans le gouvernement et la force de travail» du royaume ultraconservateur.

Sa nomination intervient alors que l’image des dirigeants saoudiens a été profondément ternie par l’assassinat par un commando venu de Ryad du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. L’affaire embarrasse l’administration américaine de Donald Trump, soucieuse de préserver son alliance stratégique avec le royaume.

« Responsable » du meurtre de Khashoggi

Le Sénat américain a de son côté jugé que Mohammed ben Salmane, alias «MBS», était «responsable» du meurtre de Khashoggi, qui collaborait notamment avec le Washington Post. L’Arabie saoudite a toujours nié l’implication de son prince héritier, mettant en cause des responsables moins haut placés, présentés comme des éléments «incontrôlés» et actuellement devant la justice saoudienne.

«La nomination d’une nouvelle ambassadrice est une tentative de Ryad pour donner un nouveau départ à sa relation avec Washington et faire oublier l’affaire Khashoggi», a déclaré à l’AFP Kristian Ulrichsen, chercheur à l’Institut Baker de la Rice University aux Etats-Unis. Mais, «dans la pratique, cela n’arrivera probablement pas, au moins avec le Congrès», a-t-il ajouté.

Les deux décrets annonçant ces nominations ont été signés par le prince héritier, agissant en sa qualité de souverain par intérim en l’absence de son père, le roi Salmane, qui se trouve en Égypte pour participer au premier sommet entre l’Union européenne et les membres de la Ligue arabe. Un troisième décret, également signé par le prince héritier, accorde un mois de salaire supplémentaire aux militaires participant à l’opération au Yémen.

Être une femme en Arabie saoudite

Depuis un an, les Saoudiennes peuvent passer le permis de conduire. Si des progrès sont à noter, les femmes du royaume restent toutefois très limitées dans leur champ d’action.

Il y a un an, l’Arabie Saoudite autorisait les femmes à conduire. Si cette réforme a été bien accueillie, des militantes, dont certaines bataillaient depuis des années pour le droit de conduire, ont été emprisonnées et poursuivies en justice. Ce qui leur est reproché ? D’avoir parlé à des journalistes étrangers. Avant le 24 juin 2018, une femme au volant constituait un crime. Selon les traditionalistes du pays, permettre aux femmes de conduire favoriserait le mélange des genres et la promiscuité.

Depuis quelques années, la monarchie dirigée par la dynastie Saoud cherche néanmoins à moderniser son image et rompre avec celle d’un royaume ultraconservateur. Malgré cet objectif, un grand nombre de lois et politiques publiques demeurent inchangées, laissant la vie des Saoudiennes entre les mains de leur «gardien», père, mari ou fils.

L’éducation ne leur appartient pas

En Arabie Saoudite, les femmes sont soumis au contrôle de leur père, mari, frère ou fils. Celui-ci occupe le statut de «gardien masculin». Conséquence directe : les Saoudiennes doivent toujours obtenir l’autorisation de leur «gardien» pour renouveler leur passeport et quitter le pays. De la même manière, l’aval du parent mâle le plus proche est requis pour faire des études. Le pays compte notamment plusieurs universités réservées aux femmes.

En juillet 2017, le ministère de l’Éducation a annoncé que les écoles pour filles allaient commencer à proposer des cours d’éducation physique, à condition que cela reste conforme à la loi islamique (ce que l’on appelle la charia). Le ministère n’a toutefois pas précisé si elles devraient obtenir, une fois encore, la permission de leur «gardien» pour y participer.

Certains métiers interdits

Pendant longtemps, des restrictions empêchaient les femmes d’avoir accès au marché de l’emploi. Mais depuis plusieurs années, ces dernières s’assouplissent. Et pour cause : le royaume cherche à diversifier son économie et réduire sa dépendance aux ressources pétrolières. Le prince Mohammed ben Salmane, désigné héritier de la couronne en juin 2017, a présenté un plan de développement économique baptisé «Vision 2030», dont l’un des objectifs est de faire passer le taux d’emploi des femmes de 22 à 30% d’ici une dizaine d’années.

Son père, le roi Salmane, a quant à lui signé un décret qui autorise les femmes à obtenir en ligne un permis pour créer une entreprise. Une mesure nouvelle puisque les Saoudiennes ne peuvent pas exercer tous les métiers. Tout contact avec un homme leur étant interdit, elles ne doivent pas être en contact avec le public, excepté dans les hôpitaux ou les établissements secondaires.

Pas de compte en banque

Pour se marier, les femmes de tous âges doivent obtenir la permission de leur «gardien». Tandis qu’un homme peut divorcer sans le consentement de son épouse. En janvier, le ministère de la Justice a indiqué que les tribunaux avaient désormais l’obligation de notifier par SMS aux femmes la fin de leur mariage. Une mesure destinée à empêcher certains maris de divorcer sans en informer leur partenaire, ce qui était parfois le cas.

Quand le couple fait bon ménage, la femme a interdiction de quitter le foyer, sans en avertir son mari. Et pas question de gérer la comptabilité de la famille. Seul l’homme peut détenir un compte bancaire.

Les femmes enfin dans les gradins

En janvier 2018, les femmes ont pour la première fois été autorisées à pénétrer dans certaines enceintes sportives, dans des tribunes séparées. En outre, les pouvoirs de la redoutée police religieuse, qui a pendant des décennies patrouillé les rues pour réprimander les femmes pas assez couvertes ou au vernis à ongle trop brillant, ont été réduits. Dans la capitale, Ryad, et dans d’autres villes il est d’ailleurs désormais possible de voir des femmes circuler sans foulard.

Source: le figaro

Le droit d’accès des femmes à la terre: Un vrai défi au Burkina Faso

L’accès à la terre est un droit économique incluant l’accès et le contrôle de la terre, mais également la possession de titres fonciers dans certains cas. Les femmes ont tendance à être plus pénalisées que les hommes dans l’accès à la terre à cause de pratiques discriminatoires. Au Burkina Faso, malgré les textes de loi visant à donner les mêmes droits fonciers aux hommes et aux femmes, c’est principalement le droit coutumier et traditionnel qui dicte les possibilités d’accès des membres de la communauté à la terre et aux ressources.

  • Que pouvons-nous entendre par droit d’accès des femmes à la terre ?

Le droit d’accès des femmes à la terre est un droit économique qui permet aux femmes d’être possesseur de titre foncier au même titre que les hommes. Ce droit implique également l’accès à la terre et le contrôle de la terre.

Au Burkina, plus de la moitié de la population active qui s’adonne à l’agriculture sont des femmes. Principales chevilles ouvrières de l’exploitation agricole dans le pays, elles sont à l’origine de 80 % de la production alimentaire.  Selon le Ministère de la promotion de la femme, elles totaliseraient 75% de la main d’œuvre agricole du pays. L’agriculture étant la principale activité en milieu rural, l’accès à la terre et aux intrants devient crucial pour elles.

Les textes juridiques nationaux et internationaux – ratifiés par le Burkina Faso – consacrent l’accès équitable des femmes burkinabè à la terre. Dans le domaine foncier, l’article 64 de la loi n° 14/96/ADP, datant du 23 mai 1996 et portant Réforme agraire et foncière (RAF), stipule que « les terres urbaines et rurales du domaine foncier national sont attribuées aux personnes physiques, sans distinction de sexe ou de statut matrimonial et aux personnes morales dans les conditions fixées par les textes ». Cependant, l’idée de la femme propriétaire de la terre est difficilement concevable dans la plupart des sociétés burkinabè. Beaucoup de femmes continuent de subir toutes sortes de discriminations qui les éloignent de cette ressource, indispensable à leur autonomisation et au développement socio-économique de leurs pays.

Les mémoires du foncier : entre droit coutumier et moderne

Les discriminations subies par les femmes dans la majorité des communautés sont intrinsèquement liées aux coutumes et aux traditions du pays. Les traditions confèrent à la terre un caractère sacré, qui se transmet de père en fils, représentant la mémoire du lignage du village d’origine. En se mariant, les femmes sont instinctivement rattachées à un autre lignage, les excluant ainsi de sa gestion. Ainsi, la société traditionnelle permet aux femmes d’exploiter la terre sans en être propriétaires à part entière. Elles cultivent, le plus souvent, des lopins de terre empruntés aux hommes, avec le risque de se faire dépourvoir à tout moment.

Les femmes constituant la majorité des productrices/eurs, l’accès équitable à aux ressources semble être une condition sine qua non au développement durable. Dans cette optique, on constate des changements consentis par les autorités politiques ainsi que la société civile ; des plaidoyers sont menés auprès des responsables coutumiers et des propriétaires terriens. La politique de sécurisation foncière en milieu rural adoptée par le gouvernement en octobre 2007 vise, entre autres, à assurer à l’ensemble des acteurs ruraux, l’accès équitable à la terre. D’autre part, pour une promotion accrue du statut des femmes, le gouvernement a instauré un quota genre dans différents domaines professionnels. Malgré les difficultés à appliquer ces mesures sur le terrain, elles contribuent à mieux faire comprendre la situation des femmes et à mener des actions afin d’améliorer leur accès à la terre.

Dans la province du Yatenga, Madame Ouedraogo Fati fait partie d’un groupement de femmes qui a emprunté à un propriétaire une parcelle de terrain. À l’origine, la terre était aride et impropre à la culture, mais grâce à un travail de longue haleine, en pratiquant les techniques de Zaï, demi-lune et l’utilisation de compost, elles ont réussi à en retirer un revenu suffisant pour scolariser leurs enfants. Dix ans plus tard, le propriétaire est revenu réclamer la terre empruntée.

  • Quel est l’état des lieux relativement à ce droit

L’accès des femmes à la terre a toujours été un problème crucial et le demeure. La femme est généralement exclue dans la gestion de la terre. Une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 2010 indique que dans le monde moins de 20% des propriétaires fonciers sont des femmes. En Afrique occidentale, centrale, au Proche Orient et en Afrique du Nord, les femmes représentent moins de 10% des propriétaires. Il s’agit, en effet, d’une discrimination des femmes en matière d’accès à la terre. Cette discrimination est liée aux traditions plutôt qu’à la loi.  

  • Que dit la loi burkinabè à propos du droit d’accès des femmes à la terre ?

La loi sur la Réorganisation Agraire et Foncière (RAF) qui régit le régime foncier au Burkina Faso déclare que la terre appartient à l’Etat et son accès est règlementé par celui-ci. L’article 62 de la RAF de 1996 affirme que les terres urbaines ou rurales du domaine foncier national sont attribuées aux personnes physiques, sans distinction de sexe ou de statut matrimonial.

En 2007, le gouvernement a adopté la Politique Nationale de Sécurisation Foncière en Milieu Rural (PNSFMR) qui a permis de mettre en place un système de quotas sur les périmètres aménagés. Elle impose que les femmes soient représentées dans les instances de suivi et d’évaluation. 

Ces différents textes prônent l’égalité de droit entre homme et femme en matière du droit d’accès à la terre mais dans les faits les femmes continuent de subir toute sorte de discrimination relativement à la pleine jouissance de ce droit.

  • Comment la voix du juriste peut-elle vous accompagner ?

Notre service de consultation juridique est disponible afin de vous permettre, chères femmes victimes de toute forme de discrimination en matière du droit d’accès à la terre, d’entreprendre toute actions utiles afin de jouir pleinement de vos droits.

Loi N°034-2012/AN portant réorganisation agraire et foncière au  BURKINA

Source: La voie du juriste

https://soundcloud.com/unfao/production-amarc-lacces-de-la-femme-dagara-a-la-terre

Violences basées sur le genre : Un phénomène toujours d’actualité

Ce mercredi, 13 janvier 2021, se tient à Kaya un atelier sur la prévention de l’exclusion sociale des vieilles femmes pour allégation de « mangeuses d’âmes » et sur la prise en charge des victimes. Une initiative de l’ONG Voix de femmes, avec l’appui technique et financier de TrustAfrica. Objectif, contribuer au renforcement des compétences des journalistes et communicateurs dans la lutte contre ce phénomène.

Dès l’entame de l’atelier, Raphael Zong Naba, coordonnateur de l’ONG Voix de femmes, a expliqué que le phénomène de violence à l’égard des femmes est une réalité. Les fondements sont divers : socioculturels, économiques et institutionnels.
Il faut entendre par violence basée sur le genre, une forme de violence qui n’est pas seulement liée au sexe, mais liée au statut d’une personne. C’est une violence concernant les hommes et les femmes, ou la femme est généralement la victime. Elle découle de relations inégales de pouvoir entre les hommes et les femmes, et comprend des agressions physiques, sexuelles et psychologiques.

Ce sont des phénomènes universels qui touchent tous les pays, les femmes, quel que soit leur rang social, leur niveau d’instruction, leur culture et leur milieu de vie. La violence à l’égard des femmes concerne tout acte de violence dirigé contre le sexe féminin et causant aux femmes et aux filles des préjudices physiques, sexuels ou psychologiques. Cela concerne aussi la privation arbitraire de liberté que ce soit dans la vie privée ou dans la vie publique.

Les conséquences sont diverses, notamment au niveau individuel, familial, de l’enfant et la société. Il s’agit entre autres de la mort, les infirmités, les blessures, les stérilités, les accouchements difficiles et les grossesses non désirées. Mais aussi, des traumatismes psychologiques, la répudiation, la séparation, la violence, les enfants non épanouis, la délinquance juvénile.

Selon les explications données, « on nait de sexe masculin ou féminin, mais la société va attribuer des rôles en fonction du sexe ». Les violences basées sur le genre sont perpétrées contre quelqu’un sous des formes diverses. Par exemple, le mariage forcé, le lévirat, l’handicap. La violence est à tous les niveaux, depuis la grossesse, jusqu’à la vieillesse.

Environ 75 millions de femmes et de filles sont victimes des mutilations génitales féminines (MGF) dans le monde. Au Burkina Faso, les résultats de 2010 montrent que 23% des femmes de 15 à 49 ans étaient victimes de violences conjugales en milieu urbain contre 14% en milieu rural.

L’ampleur des violences est significative et regroupe les violences physiques, les violences morales, psychologiques, sexuelles, les violences liées à des pratiques coutumières et/ou religieuses et les violences économiques.
Les moyens de lutte sont la prévention, la protection et la prise en charge. Notamment, en renforçant les chances des filles d’accéder à l’éducation secondaire, l’accès à la santé sexuelle et reproductive et les respects des droits qui y sont attachés.

E.K.S

Source: le Faso.net

Durant le confinement, «on a vu une montée de toutes les violences faites aux femmes et aux filles»

Une rue d'Abidjan où les commerces étaient fermés pendant le confinement, en Côte d'Ivoire, qui fait partie de la zone UEMOA.

Ce mercredi 25 novembre, c’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Des violences trop souvent passées sous silence par pudeur ou par peur des représailles. Et pourtant, des études ont montré que ces violences s’étaient multipliées au cours du confinement dans de nombreuses régions du monde. Qu’en est-il sur le continent africain ? Laurent Correau a posé la question à Oulimata Sarr, directrice du bureau de l’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

RFI: Est-ce que les mesures du confinement liées au Covid ont conduit à une accélération ou à une réduction des violences faites aux femmes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale ?

Oulimata Sarr : Les violences faites aux femmes durant la période du Covid-19, on appelle cela « l’épidémie de l’ombre » puisque, effectivement, on a vu une montée en puissance de toute forme de violence faite aux femmes et aux filles. Les données dont on dispose révèlent que 20% des femmes et des filles, âgées de 15 à 49 ans, ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un proche sur une période de 12 mois en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Quelles sont les violences qui se développent le plus pendant cette période de confinement ?

Les violences sont physiques, donc des femmes battues par leur conjoint ou leur partenaire, en raison de désaccords, etc. Il semblerait que même les problèmes financiers dans le couple aient exacerbé certaines formes de violences. En ce qui concerne les jeunes filles, nos collègues, les associations de la société civile nous ont fait remonter des informations sur les mariages forcés, l’excision, les abus sur ces petites filles là… Et tout cela peut se passer dans l’ombre durant cette période où les gens sont un peu enfermés, avec un accès limité aux services médicaux et services sociaux de base.

C’est-à-dire qu’il y a eu des pratiques comme l’excision, comme le mariage forcé, qui se sont développées pendant le confinement ?

Absolument. Nos bureaux nous ont fait remonter l’informati

on qu’il y a un certain nombre de pratiques traditionnelles qui se sont tenues à huis clos durant cette période de la pandémie, puisque l’attention des services publics était plutôt dans la riposte, dans la gestion de la pandémie. Et comme d’habitude, les femmes et les filles sont extrêmement vulnérables. Vous vous souvenez que pour prévenir le mariage des jeunes filles, notre fer de lance était de les garder à l’école. Vous imaginez, lorsque les écoles sont fermées durant des mois, que les communautés n’ont plus cette contrainte liée à l’éducation pour ces jeunes filles.

Quels sont les pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale dans lesquels la violence faite aux femmes a augmenté le plus ?

Au-delà du Sahel où on a une crise chronique sur les pratiques traditionnelles, nous avons aussi un pays comme la Centrafrique et d’autres pays comme le Nigeria qui nous ont marqués.

Qui sont aujourd’hui les auteurs des violences faites aux femmes la plupart du temps, est-ce que ce sont des étrangers ou des personnes qui font partie de la cellule familiale en Afrique de l’Ouest et du Centre ?

La recherche à travers le monde montre que la violence faite aux femmes et aux filles commence par la famille. Et donc, ce n’est pas forcément un harcèlement de rue. Non, ce sont des personnes avec qui les femmes sont ensemble à la maison, des personnes qui, en principe, devraient les protéger.

Est-ce qu’on peut dire aussi que les femmes de manière croissante témoignent de tout cela, parlent de leur situation. Est-ce que cela est en train de changer ?

Je pense que cela est en train de changer, parce que maintenant, nous avons les réseaux sociaux. Vous vous souvenez sûrement de la campagne #MeToo qui a été une campagne mondiale. Et aujourd’hui, je pense que le huis clos est plus difficile, tout le monde est connecté, le digital est là. Donc, ce qui se faisait sans que personne ne puisse le savoir, il est de plus en plus difficile de continuer à le faire. Et nous, nous pensons que les réseaux sociaux, les influenceurs, les organisations de la société civile ont aidé justement à sortir les femmes de ce silence-là pour qu’elles puissent dénoncer.

Qu’est-ce qui vous semble le plus urgent de faire changer pour lutter contre ces violences faites aux femmes, est-ce que c’est le droit, est-ce que ce sont les mentalités ?

Je pense que c’est un tout. C’est un travail qui demandera la participation active de plusieurs acteurs. D’abord les Etats, les politiques publiques qui devront créer le cadre réglementaire qui dénonce et qui criminalise un certain nombre de comportements. Il faut aussi qu’il y ait des services sociaux comme des abris, un appui psychosocial avec des capacités qui peuvent répondre à ça. Il nous faut des financements, puisque nous jugeons en tant qu’ONU Femmes que les financements, qui sont reçus par les associations, les organisations féminines, sont marginaux, comparés aux conséquences de ces violences-là, ne serait-ce que sur l’économie et le bien-être des populations.

Quel est votre message aujourd’hui aux femmes qui sont victimes de ces violences ?

Nous sommes mobilisés, vous n’êtes pas seules. Ce qui nous a le plus marqué durant cette période du Covid-19, c’est que le phénomène est mondial. Il n’est pas seulement africain, il a été européen, il a été américain. Je pense que le monde entier s’est rendu compte que cette violence faite aux femmes et aux filles est quotidienne et qu’il faut apporter une réponse forte. Aujourd’hui, nous avons besoin de la participation des hommes dans notre plaidoyer, parce que nous n’y arriverons pas toutes seules. Nous avons besoin d’hommes forts, engagés à nos côtés pour justement changer la donne, puisque cette violence vient d’hommes, vient de leurs pairs, et je pense qu’ils peuvent les influencer.

Source: Laurent CORRREAU

VIOLENCES CONJUGALES FAITE AUX FEMMES : UN PHENOMENE QUI PREND DE L’AMPLEUR AU BURKINA

Nombreuses sont les femmes qui sont sujettes à la maltraitance dans leurs foyers. Victimes de leurs conjoints, elles subissent la pire des humiliations. On aurait pu penser que les choses iraient dans un meilleur sens avec le temps mais hélas, c’est faux, le phénomène est toujours aussi présent et même plus présent dans la société burkinabé. Le problème étant donc très récurrent, nous avons jugé bon de nous y pencher afin de voir plus clair.

Au Burkina, 6 femmes sur 10 vivent dans un état constant d’insécurité de la part de leurs conjoints. C’est énorme ! Victimes de coups, de viols, de
traumatismes psychologiques, elles perdent ainsi facilement goût à la vie et ne lui accordent aucune importance. Ces femmes, prises de peur et redoutant leurs conjoints, ne s’expriment pas. Elles gardent au fond d’elles une douleur si lourde qui ne fait que stimuler leur amertume au fil des années passées au foyer. Ces femmes, qui sont le noyau central pour
assurer une bonne cohésion au sein de la famille et veiller à l’éducation des enfants, sont très vite déçues de ce que la vie leur a réservé et du coup relèguent au second plan leur rôle parental.

Dans la société burkinabé, les traditions ont encore une place prépondérante. La femme idéale est soumise, toute sa vie, elle est sous tutelle des hommes, de sa famille d’origine puis de sa famille par alliance. La femme mariée devient un objet, un bien appartenant à son mari. Il n’est donc pas étonnant de voir de nos jours une femme violée dans son propre foyer sous prétexte qu’elle doit remplir son devoir conjugal. Cela se voit surtout quand les unions ont été faites suite à des mariages forcés.

Cette violence faite aux femmes doit être dénoncée et condamnée. Nos autorités doivent œuvrer à sensibiliser cette couche fragile de la société, très souvent analphabète, en leur faisant comprendre qu’elles peuvent recourir à des voies légales lorsqu’elles sont victimes d’abus conjugaux. Il faut que des voix se lèvent pour dire non à l’injustice qu’elles subissent.

La plupart des hommes violents envers leurs conjointes ou ex-conjointes ne le sont pas à l’extérieur de leurs foyers. Ils sont souvent, au contraire, de bons et braves collègues de travail, des voisins sympathiques, ce qui les rend difficiles à identifier. Pourtant, en étant un peu observateur, on peut remarquer certains indices ou relier certains éléments d’information. Par exemple, si une victime proche de vous affiche des blessures comme des ecchymoses, des coupures, des marques ou des cicatrices qui ne peuvent être reliées à des activités courantes de la vie quotidienne, cela mérite que vous vous posiez des questions.

Par ailleurs, si vous êtes un témoin direct de violences conjugales, vous pouvez constater des faits et gestes de la part de l’agresseur. Un conjoint qui critique continuellement sa partenaire comme, par exemple, ses goûts, qui dénigre ses relations ou lui interdit carrément de fréquenter sa famille ou ses amis, qui contrôle ses activités ou sa façon de se vêtir, qui se moque de son apparence physique ou de ses performances sexuelles, qui menace de se suicider si elle quitte la relation ou utilise les enfants pour l’atteindre, fait preuve de violences conjugales envers sa conjointe.

La situation est très souvent délicate pour les femmes violentées car la plupart ne travaillent pas, ce qui donne un avantage à l’homme. Ce dernier lui fait croire à toutes les occasions qu’elle n’est rien sans lui. Désorientée et étant sous l’emprise de la peur, les victimes se résignent à leurs souffrances et décident de garder le silence jusqu’à ce que, parfois, la mort s’ensuive. Elles sont très peu à se révolter et à prendre la situation en main. Il faudrait peut-être penser à créer de vrais centres d’écoute et de conseil. La création de maisons pour femmes battues comme en Occident ne semble pas approprié au Faso car notre pays n’en a pas les moyens et surtout, les femmes battues sont légion ; il faut donc privilégier la sensibilisation aussi bien au niveau des femmes que des hommes qui doivent comprendre que ce qu’ils font est très mal et punissable par la loi.

En guise de conclusion, une chose est sûre ; les femmes n’échapperont pas à la violence tant qu’elles ne seront pas les égales des hommes, et l’égalité ne se décrète pas : il faut pour cela, l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation afin que les femmes obtiennent leur indispensable indépendance financière ! Bref, on comprend pourquoi les autorités comme bien d’organismes travaillent à faire en sorte que les filles aillent à l’école et le plus loin possible

Rama

Source:http://lefaso.net/spip.php?article40469

Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard de la femme

Illustration qui représente des femmes criant dans un mégaphone et portant un masque de protection.

Les conséquences néfastes de la violence à l’égard des femmes sur le plan psychologique, sexuel et génésique affectent les femmes à tous les stades de leur vie

La pandémie fantôme

Depuis l’apparition de la COVID-19, les données et les rapports provenant de ceux évoluant en première ligne montrent que tous les types de violence contre les femmes et les filles, et surtout la violence domestique, se sont accrus.

C’est la pandémie parallèle qui se développe pendant la crise de la COVID-19, et nous avons besoin d’un effort collectif mondial pour l’arrêter. À mesure que les cas de COVID-19 continuent de mettre les soins de santé à rude épreuve, les services essentiels tels que les abris contre la violence domestique et l’assistance téléphonique ont atteint leur capacité maximale. Davantage doit être fait pour donner la priorité à la lutte contre la violence perpétrée à l’encontre des femmes dans la riposte contre la COVID-19 et les efforts de relèvement.

ONU Femmes fournit des informations actualisées et apporte un appui aux programmes vitaux visant pour le bien être de la femme

Pourquoi devons-nous mettre fin à la violence contre les femmes et les filles ?

Aujourd’hui, la violence à l’égard des femmes et des filles constitue l’une des violations des droits humains les plus répandues, les plus persistantes et les plus dévastatrices dans le monde. Elle demeure également l’une des moins signalées en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et du sentiment de honte qui l’entourent.

La violence à l’égard des femmes s’entend comme englobant, sans y être limitée, les formes de violences physiques, sexuelles et psychologiques, telles que :

  • la violence d’un partenaire intime (coups, violences psychologiques, viol conjugal, féminicide) ;
  • la violence sexuelle et le harcèlement (viol, actes sexuels forcés, avances sexuelles non désirées, abus sexuels sur enfants, mariage forcé, harcèlement dans la rue, harcèlement criminel, cyber-harcèlement) ;
  • le trafic d’êtres humains (esclavage, exploitation sexuelle) ;
  • la mutilation génitale féminine ;
  • le mariage précoce.

La Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, définit la violence à l’égard des femmes comme « tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée.

Les conséquences néfastes de la violence à l’égard des femmes sur le plan psychologique, sexuel et génésique affectent les femmes à tous les stades de leur vie. Par exemple, les désavantages éducatifs précoces constituent non seulement le principal obstacle à la scolarisation universelle et au droit à l’éducation des filles, mais ils sont également responsables de la limitation de l’accès à l’enseignement supérieur et se traduisent par des opportunités limitées pour les femmes sur le marché du travail.

Bien que la violence sexiste puisse toucher n’importe qui, n’importe où, certaines caractéristiques des femmes, telles que leurs préférences sexuelles, la présence d’un handicap ou leur origine ethnique, ainsi que certains facteurs contextuels, par exemple les crises humanitaires, dont les situations de conflit et d’après-conflit, peuvent accroître la vulnérabilité des femmes face à la violence.

La violence à l’égard des femmes continue d’être un obstacle à la réalisation de l’égalité, au développement, à la paix et à la réalisation des droits fondamentaux des femmes et des filles. Au total, la promesse des objectifs de développement durable (ODD) – ne laisser personne de côté – ne peut être remplie sans mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles.

Des chiffres alarmants

  • 1 femme sur 3 dans le monde a subi des violences physiques et/ou sexuelles à un moment donné dans sa vie, le plus souvent de la part d’un partenaire intime.
  • Partout dans le monde, le confinement à domicile et l’isolement social résultant de la pandémie de COVID-19, combinés à une insécurité économique généralisée et à la perte des moyens de subsistance, ont engendré de nouveaux risques pour les femmes et les filles en ce qui concerne l’exposition à la violence.
  • Seulement 52% des femmes mariées ou en union prennent librement leurs propres décisions concernant les relations sexuelles, l’utilisation de contraceptifs et les soins de santé.
  • 71 % de toutes les victimes de la traite des êtres humains dans le monde sont des femmes et des filles, trois quarts d’entre elles sont exploitées sexuellement

source: Nations Unies

https://www.un.org/fr/observances/ending-violence-against-women