Arabie saoudite : pour la première fois, une femme nommée ambassadrice aux Etats-Unis

L’Arabie saoudite a choisi de nommer une femme, la princesse Rima bent Bandar, comme ambassadrice à Washington. Elle sera la première femme à occuper ce poste-clé au sein de la diplomatie saoudienne.Partager 

L‘Arabie saoudite essaierait-elle de se racheter une conduite ? Elle a en tout cas nommé samedi et pour la première fois une femme au poste d’ambassadrice aux États-Unis, alors que les relations entre les deux alliés ont été mises à mal ces derniers mois par l’affaire Khashoggi, journaliste saoudien tué en Turquie.

La princesse Rima bent Bandar va remplacer à Washington le prince Khaled ben Salmane, frère cadet du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, nommé ministre adjoint de la Défense. Elle sera la première femme à occuper ce poste-clé au sein de la diplomatie saoudienne. Elle est la fille du prince Bandar ben Sultan, qui fut ambassadeur aux États-Unis de 1983 à 2005. Elle a été pratiquement élevée aux États-Unis et elle est l’une des rares princesses impliquées dans la vie publique.

Des détentions arbitraires

Considérée comme une avocate des droits des femmes, elle a notamment fait campagne pour une participation accrue de ces dernières dans le sport saoudien. Dans le même temps, son pays fait toutefois face à de nombreuses critiques de défenseurs des droits humains en raison de la détention jugée arbitraire d’une dizaine d’activistes des droits des femmes et d’accusation de mauvais traitements et de tortures qu’elles auraient subis.

D’autres polémiques ont terni l’image «progressiste» que voulait donner Mohammed ben Salmane au royaume wahhabite. La semaine dernière, les eurodéputés ont appelé le gouvernement saoudien à mettre un terme au «système de tutelle masculine» sur les femmes alors qu’une application, Absher, permet de contrôler le déplacement des femmes dans le pays – et également de les empêcher de le quitter.

«La princesse Rima sera la première ambassadrice de l’histoire saoudienne», a tweeté le fondateur de l’Arabia Foundation, un think-tank pro-saoudien, Ali Shihabi, estimant qu’il s’agit d’un «signal fort pour l’intégration des femmes dans le gouvernement et la force de travail» du royaume ultraconservateur.

Sa nomination intervient alors que l’image des dirigeants saoudiens a été profondément ternie par l’assassinat par un commando venu de Ryad du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. L’affaire embarrasse l’administration américaine de Donald Trump, soucieuse de préserver son alliance stratégique avec le royaume.

« Responsable » du meurtre de Khashoggi

Le Sénat américain a de son côté jugé que Mohammed ben Salmane, alias «MBS», était «responsable» du meurtre de Khashoggi, qui collaborait notamment avec le Washington Post. L’Arabie saoudite a toujours nié l’implication de son prince héritier, mettant en cause des responsables moins haut placés, présentés comme des éléments «incontrôlés» et actuellement devant la justice saoudienne.

«La nomination d’une nouvelle ambassadrice est une tentative de Ryad pour donner un nouveau départ à sa relation avec Washington et faire oublier l’affaire Khashoggi», a déclaré à l’AFP Kristian Ulrichsen, chercheur à l’Institut Baker de la Rice University aux Etats-Unis. Mais, «dans la pratique, cela n’arrivera probablement pas, au moins avec le Congrès», a-t-il ajouté.

Les deux décrets annonçant ces nominations ont été signés par le prince héritier, agissant en sa qualité de souverain par intérim en l’absence de son père, le roi Salmane, qui se trouve en Égypte pour participer au premier sommet entre l’Union européenne et les membres de la Ligue arabe. Un troisième décret, également signé par le prince héritier, accorde un mois de salaire supplémentaire aux militaires participant à l’opération au Yémen.

Le droit d’accès des femmes à la terre: Un vrai défi au Burkina Faso

L’accès à la terre est un droit économique incluant l’accès et le contrôle de la terre, mais également la possession de titres fonciers dans certains cas. Les femmes ont tendance à être plus pénalisées que les hommes dans l’accès à la terre à cause de pratiques discriminatoires. Au Burkina Faso, malgré les textes de loi visant à donner les mêmes droits fonciers aux hommes et aux femmes, c’est principalement le droit coutumier et traditionnel qui dicte les possibilités d’accès des membres de la communauté à la terre et aux ressources.

  • Que pouvons-nous entendre par droit d’accès des femmes à la terre ?

Le droit d’accès des femmes à la terre est un droit économique qui permet aux femmes d’être possesseur de titre foncier au même titre que les hommes. Ce droit implique également l’accès à la terre et le contrôle de la terre.

Au Burkina, plus de la moitié de la population active qui s’adonne à l’agriculture sont des femmes. Principales chevilles ouvrières de l’exploitation agricole dans le pays, elles sont à l’origine de 80 % de la production alimentaire.  Selon le Ministère de la promotion de la femme, elles totaliseraient 75% de la main d’œuvre agricole du pays. L’agriculture étant la principale activité en milieu rural, l’accès à la terre et aux intrants devient crucial pour elles.

Les textes juridiques nationaux et internationaux – ratifiés par le Burkina Faso – consacrent l’accès équitable des femmes burkinabè à la terre. Dans le domaine foncier, l’article 64 de la loi n° 14/96/ADP, datant du 23 mai 1996 et portant Réforme agraire et foncière (RAF), stipule que « les terres urbaines et rurales du domaine foncier national sont attribuées aux personnes physiques, sans distinction de sexe ou de statut matrimonial et aux personnes morales dans les conditions fixées par les textes ». Cependant, l’idée de la femme propriétaire de la terre est difficilement concevable dans la plupart des sociétés burkinabè. Beaucoup de femmes continuent de subir toutes sortes de discriminations qui les éloignent de cette ressource, indispensable à leur autonomisation et au développement socio-économique de leurs pays.

Les mémoires du foncier : entre droit coutumier et moderne

Les discriminations subies par les femmes dans la majorité des communautés sont intrinsèquement liées aux coutumes et aux traditions du pays. Les traditions confèrent à la terre un caractère sacré, qui se transmet de père en fils, représentant la mémoire du lignage du village d’origine. En se mariant, les femmes sont instinctivement rattachées à un autre lignage, les excluant ainsi de sa gestion. Ainsi, la société traditionnelle permet aux femmes d’exploiter la terre sans en être propriétaires à part entière. Elles cultivent, le plus souvent, des lopins de terre empruntés aux hommes, avec le risque de se faire dépourvoir à tout moment.

Les femmes constituant la majorité des productrices/eurs, l’accès équitable à aux ressources semble être une condition sine qua non au développement durable. Dans cette optique, on constate des changements consentis par les autorités politiques ainsi que la société civile ; des plaidoyers sont menés auprès des responsables coutumiers et des propriétaires terriens. La politique de sécurisation foncière en milieu rural adoptée par le gouvernement en octobre 2007 vise, entre autres, à assurer à l’ensemble des acteurs ruraux, l’accès équitable à la terre. D’autre part, pour une promotion accrue du statut des femmes, le gouvernement a instauré un quota genre dans différents domaines professionnels. Malgré les difficultés à appliquer ces mesures sur le terrain, elles contribuent à mieux faire comprendre la situation des femmes et à mener des actions afin d’améliorer leur accès à la terre.

Dans la province du Yatenga, Madame Ouedraogo Fati fait partie d’un groupement de femmes qui a emprunté à un propriétaire une parcelle de terrain. À l’origine, la terre était aride et impropre à la culture, mais grâce à un travail de longue haleine, en pratiquant les techniques de Zaï, demi-lune et l’utilisation de compost, elles ont réussi à en retirer un revenu suffisant pour scolariser leurs enfants. Dix ans plus tard, le propriétaire est revenu réclamer la terre empruntée.

  • Quel est l’état des lieux relativement à ce droit

L’accès des femmes à la terre a toujours été un problème crucial et le demeure. La femme est généralement exclue dans la gestion de la terre. Une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 2010 indique que dans le monde moins de 20% des propriétaires fonciers sont des femmes. En Afrique occidentale, centrale, au Proche Orient et en Afrique du Nord, les femmes représentent moins de 10% des propriétaires. Il s’agit, en effet, d’une discrimination des femmes en matière d’accès à la terre. Cette discrimination est liée aux traditions plutôt qu’à la loi.  

  • Que dit la loi burkinabè à propos du droit d’accès des femmes à la terre ?

La loi sur la Réorganisation Agraire et Foncière (RAF) qui régit le régime foncier au Burkina Faso déclare que la terre appartient à l’Etat et son accès est règlementé par celui-ci. L’article 62 de la RAF de 1996 affirme que les terres urbaines ou rurales du domaine foncier national sont attribuées aux personnes physiques, sans distinction de sexe ou de statut matrimonial.

En 2007, le gouvernement a adopté la Politique Nationale de Sécurisation Foncière en Milieu Rural (PNSFMR) qui a permis de mettre en place un système de quotas sur les périmètres aménagés. Elle impose que les femmes soient représentées dans les instances de suivi et d’évaluation. 

Ces différents textes prônent l’égalité de droit entre homme et femme en matière du droit d’accès à la terre mais dans les faits les femmes continuent de subir toute sorte de discrimination relativement à la pleine jouissance de ce droit.

  • Comment la voix du juriste peut-elle vous accompagner ?

Notre service de consultation juridique est disponible afin de vous permettre, chères femmes victimes de toute forme de discrimination en matière du droit d’accès à la terre, d’entreprendre toute actions utiles afin de jouir pleinement de vos droits.

Loi N°034-2012/AN portant réorganisation agraire et foncière au  BURKINA

Source: La voie du juriste

https://soundcloud.com/unfao/production-amarc-lacces-de-la-femme-dagara-a-la-terre

Durant le confinement, «on a vu une montée de toutes les violences faites aux femmes et aux filles»

Une rue d'Abidjan où les commerces étaient fermés pendant le confinement, en Côte d'Ivoire, qui fait partie de la zone UEMOA.

Ce mercredi 25 novembre, c’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Des violences trop souvent passées sous silence par pudeur ou par peur des représailles. Et pourtant, des études ont montré que ces violences s’étaient multipliées au cours du confinement dans de nombreuses régions du monde. Qu’en est-il sur le continent africain ? Laurent Correau a posé la question à Oulimata Sarr, directrice du bureau de l’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

RFI: Est-ce que les mesures du confinement liées au Covid ont conduit à une accélération ou à une réduction des violences faites aux femmes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale ?

Oulimata Sarr : Les violences faites aux femmes durant la période du Covid-19, on appelle cela « l’épidémie de l’ombre » puisque, effectivement, on a vu une montée en puissance de toute forme de violence faite aux femmes et aux filles. Les données dont on dispose révèlent que 20% des femmes et des filles, âgées de 15 à 49 ans, ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un proche sur une période de 12 mois en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Quelles sont les violences qui se développent le plus pendant cette période de confinement ?

Les violences sont physiques, donc des femmes battues par leur conjoint ou leur partenaire, en raison de désaccords, etc. Il semblerait que même les problèmes financiers dans le couple aient exacerbé certaines formes de violences. En ce qui concerne les jeunes filles, nos collègues, les associations de la société civile nous ont fait remonter des informations sur les mariages forcés, l’excision, les abus sur ces petites filles là… Et tout cela peut se passer dans l’ombre durant cette période où les gens sont un peu enfermés, avec un accès limité aux services médicaux et services sociaux de base.

C’est-à-dire qu’il y a eu des pratiques comme l’excision, comme le mariage forcé, qui se sont développées pendant le confinement ?

Absolument. Nos bureaux nous ont fait remonter l’informati

on qu’il y a un certain nombre de pratiques traditionnelles qui se sont tenues à huis clos durant cette période de la pandémie, puisque l’attention des services publics était plutôt dans la riposte, dans la gestion de la pandémie. Et comme d’habitude, les femmes et les filles sont extrêmement vulnérables. Vous vous souvenez que pour prévenir le mariage des jeunes filles, notre fer de lance était de les garder à l’école. Vous imaginez, lorsque les écoles sont fermées durant des mois, que les communautés n’ont plus cette contrainte liée à l’éducation pour ces jeunes filles.

Quels sont les pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale dans lesquels la violence faite aux femmes a augmenté le plus ?

Au-delà du Sahel où on a une crise chronique sur les pratiques traditionnelles, nous avons aussi un pays comme la Centrafrique et d’autres pays comme le Nigeria qui nous ont marqués.

Qui sont aujourd’hui les auteurs des violences faites aux femmes la plupart du temps, est-ce que ce sont des étrangers ou des personnes qui font partie de la cellule familiale en Afrique de l’Ouest et du Centre ?

La recherche à travers le monde montre que la violence faite aux femmes et aux filles commence par la famille. Et donc, ce n’est pas forcément un harcèlement de rue. Non, ce sont des personnes avec qui les femmes sont ensemble à la maison, des personnes qui, en principe, devraient les protéger.

Est-ce qu’on peut dire aussi que les femmes de manière croissante témoignent de tout cela, parlent de leur situation. Est-ce que cela est en train de changer ?

Je pense que cela est en train de changer, parce que maintenant, nous avons les réseaux sociaux. Vous vous souvenez sûrement de la campagne #MeToo qui a été une campagne mondiale. Et aujourd’hui, je pense que le huis clos est plus difficile, tout le monde est connecté, le digital est là. Donc, ce qui se faisait sans que personne ne puisse le savoir, il est de plus en plus difficile de continuer à le faire. Et nous, nous pensons que les réseaux sociaux, les influenceurs, les organisations de la société civile ont aidé justement à sortir les femmes de ce silence-là pour qu’elles puissent dénoncer.

Qu’est-ce qui vous semble le plus urgent de faire changer pour lutter contre ces violences faites aux femmes, est-ce que c’est le droit, est-ce que ce sont les mentalités ?

Je pense que c’est un tout. C’est un travail qui demandera la participation active de plusieurs acteurs. D’abord les Etats, les politiques publiques qui devront créer le cadre réglementaire qui dénonce et qui criminalise un certain nombre de comportements. Il faut aussi qu’il y ait des services sociaux comme des abris, un appui psychosocial avec des capacités qui peuvent répondre à ça. Il nous faut des financements, puisque nous jugeons en tant qu’ONU Femmes que les financements, qui sont reçus par les associations, les organisations féminines, sont marginaux, comparés aux conséquences de ces violences-là, ne serait-ce que sur l’économie et le bien-être des populations.

Quel est votre message aujourd’hui aux femmes qui sont victimes de ces violences ?

Nous sommes mobilisés, vous n’êtes pas seules. Ce qui nous a le plus marqué durant cette période du Covid-19, c’est que le phénomène est mondial. Il n’est pas seulement africain, il a été européen, il a été américain. Je pense que le monde entier s’est rendu compte que cette violence faite aux femmes et aux filles est quotidienne et qu’il faut apporter une réponse forte. Aujourd’hui, nous avons besoin de la participation des hommes dans notre plaidoyer, parce que nous n’y arriverons pas toutes seules. Nous avons besoin d’hommes forts, engagés à nos côtés pour justement changer la donne, puisque cette violence vient d’hommes, vient de leurs pairs, et je pense qu’ils peuvent les influencer.

Source: Laurent CORRREAU

Mali: deux centres pour les victimes de violences basées sur le genre créés à Bamako

Deux centres de prises en charges pour les femmes victimes de violences dénommés « One stop center » ont ouvert cette semaine à Bamako. D’ici au 5 août, huit autres seront mis à la disposition du gouvernement malien dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso, dans le cadre du projet Spotlight. Une initiative conjointe de l’Union européenne et des Nations unies pour tenter d’« éliminer toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles ».

Dans la cour du centre de santé de la commune 4 de Bamako, un conteneur aménagé fait office de nouvelle unité. Le service souhaite faciliter l’accès aux soins aux personnes ayant subi des violences basées sur le genre (VBG) via une approche pluridisciplinaire. Le docteur Amaguiré Saye en est le responsable. « La justice est là, la police est là et également le psychologue, explique le docteur Amaguiré Saye, le responsable du centre. Ce qui fait que tout est géré sans que la survivante n’ait à se déplacer ailleurs pour pouvoir trouver des réponses à ces questions-là. L’objectif, c’est de rendre la justice chez ces femmes-là qui subissent à longueur de journée ces agressions. »

Complications liées à l’excision

Une assistance encore méconnue des habitantes des quartiers environnants. En une matinée seule une victime de mutilation génitale s’est présenté à l’unité. Selon les chiffres de l’hôpital, les complications liées à l’excision sont le second motif de consultation pour les VBG. Après les agressions sexuelles.

« S’il y a des violences commises, c’est au sein même de la famille qu’on essaye de gérer de façon sociale, souligne Abdoul Razack Dicko, médecin-chef du centre de santé. Vous imaginez des femmes qui subissent des viols, mais qui préfèrent se taire car elles pensent qu’une fois que c’est exposé, c’est la fille qui va avoir honte, et c’est la famille qui sera honteuse. »PUBLICITÉ

Au-delà des tabous, le Mali ne dispose d’aucune loi spécifique qui criminalise les violences basées sur le genre. Au grand dam des associations de protection des victimes.

Source:https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210716-mali-ouverture-de-deux-centres-pour-les-victimes-de-violences-bas%C3%A9es-sur-le-genre

Excision : « je l’ai subie, mais mes filles ne la subiront pas »

Une mère tient trois de ses enfants derrière elle, tandis qu'un quatrième s'approche d'un rasoir symbolique menaçant

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont interdites en Égypte depuis 2008, mais le pays affiche toujours l’un des taux les plus élevés au monde pour cette pratique.

Avertissement : cet article contient des descriptions graphiques de mutilations génitales féminines (MGF).

Dans certaines communautés musulmanes conservatrices, les femmes sont considérées comme « impures » et « non aptes au mariage » si elles ne subissent pas de mutilations génitales féminines (MGF), c’est-à-dire l’ablation ou la coupure délibérée des organes génitaux externes de la femme (excision).

En vertu de la loi, les médecins peuvent être condamnés à une peine de prison pouvant aller jusqu’à sept ans s’ils sont reconnus coupables d’avoir pratiqué cette procédure, et toute personne qui la demande risque jusqu’à trois ans de prison.

Deux victimes décrivent ici ce qui leur est arrivé et expliquent pourquoi elles veulent protéger leurs propres filles.

Trois femmes s'approchent d'une jeune fille effrayée, assise en boule dans le coin d'une pièce sombre. Leurs ombres semblent menaçantes

Layla avait environ 11 ans lorsqu’elle a subi une MGF. Près de trente ans plus tard, ce jour fatidique est encore frais dans sa mémoire. Elle venait de passer ses examens scolaires lorsque cela s’est produit.

« Au lieu de me récompenser pour mes bonnes notes, ma famille a fait venir une sage-femme, habillée tout en noir, m’a enfermée dans une pièce et m’a entourée », se souvient-elle.

« Ils m’ont maintenue au sol et elle a coupé cette partie de mon corps. Je ne savais pas ce que j’avais fait de mal à ces personnes âgées – que j’aimais – pour qu’elles soient sur moi et ouvrent mes jambes pour me faire du mal. C’était psychologiquement comme une dépression nerveuse pour moi ».

Sa grand-mère et des voisins faisaient partie des personnes présentes.

« Je voulais jouer et me sentir libre, mais je n’étais même pas capable de marcher, si ce n’est avec les jambes bien écartées », raconte Layla.

Lorsqu’elle a grandi et s’est mariée, elle dit avoir compris les conséquences de ne pas passer par ce rituel douloureux.

Layla explique que pour les villageois, une femme qui n’a pas subi de MGF est « nécessairement une femme pécheresse », tandis qu’une femme qui l’a fait est considérée comme « une femme bien ».

« Qu’est-ce que cela a à voir avec le fait de bien se comporter ? ».

Chirurgie plastique

Le rituel est encore souvent pratiqué sous le prétexte de « chirurgie plastique », selon Reda Eldanbouki, un avocat spécialisé dans les droits de l’homme qui dirige le Centre des femmes pour l’orientation et la sensibilisation juridique (WCGLA), basé au Caire.

Sur près de 3 000 affaires déposées au nom de femmes, le WCGLA a gagné environ 1 800 d’entre elles, dont au moins six cas de MGF.

La loi a peut-être été modifiée, mais obtenir justice est une toute autre affaire. Même s’ils sont pris, les coupables trouvent le système très indulgent, dit M. Eldanbouki.

En 2013, un médecin a été envoyé en prison pour seulement trois mois pour avoir pratiqué une MGF sur une fille de 13 ans. M. Eldanbouki a rencontré la mère de la jeune fille et le médecin qui l’a pratiquée.

« Le médecin dit qu’il y avait une excroissance entre ses jambes, et qu’il a fait de la chirurgie plastique, pas une MGF », dit M. Eldanbouki.

Même après la mort de la jeune fille des suites de la MGF, sa mère a insisté sur le fait qu’elle n’avait rien fait de mal.

« Nous sommes allés voir la mère et lui avons demandé : « si votre fille était encore en vie, le feriez-vous quand même ? ». La mère a répondu : « oui, après avoir fait les MGF, elle est prête à se marier ».

M. Eldanbouki dit qu’il est confronté à de nombreux harcèlements dans sa campagne contre la tradition.

« Lorsque nous faisions un atelier, un homme m’a craché dessus et m’a dit ‘Vous essayez de faire de nos filles des prostituées, comme en Amérique' ».

« Ils m’ont tenu les jambes »

Jamila, 39 ans, a subi une MGF lorsqu’elle avait neuf ans.

« Ma mère a fait venir une sage-femme et quelques voisines à la maison. Elle a tout préparé et m’a laissée seule avec elles dans la pièce », se souvient Jamila.

Une jeune fille utilise un stylo surdimensionné pour détruire un rasoir pendant que sa mère lui lit un livre contre les mutilations génitales féminines

« Elles ont enlevé mon short, et chacune d’entre elles a tenu une de mes jambes. La sage-femme avait une petite lame qu’elle a utilisée pour couper cette partie de moi, et c’est tout », dit-elle.

En plus de la douleur insupportable et de la cicatrice psychologique créée par l’opération, Jamila dit que cette expérience l’a changée.

Avant, elle était spontanée, courageuse et intelligente à l’école, mais elle évitait les femmes adultes par la suite.

« J’avais l’habitude de rencontrer cette sage-femme sur le chemin de l’école primaire. Après ce qui s’est passé, j’ai commencé à prendre un autre chemin pour l’éviter. Je pensais qu’elle allait me refaire le coup ».

Jamila ressent encore la douleur lorsqu’elle a des rapports sexuels avec son mari.

Déterminée à ce que sa fille ne subisse pas la même expérience, elle a même organisé des conférences données par M. Eldanbouki.

« Je pense que c’est principalement grâce à lui que j’ai pu éviter de le faire à ma fille. La famille de mon mari a également cessé de le faire à ses filles. »

Dans l’ensemble, le nombre de personnes qui pratiquent des MGF sur leurs filles est en baisse, affirme Jamila.

« Pas mes filles »

Layla ne voulait pas que sa première fille subisse la même douleur, mais elle ne pouvait pas empêcher son mari de l’organiser.

Mais au moment où les autres filles de Layla devaient subir une MGF, la pratique avait été interdite et les conférences données par M. Eldanbouki lui ont donné le courage de les protéger.

Elle savait comment certaines filles de sa communauté s’étaient vidées de leur sang après le rituel.

« Pourquoi devrais-je exposer ma fille à un tel risque ? J’ai toujours su que c’était mal, mais je n’avais pas d’argument pour convaincre les autres », dit Layla.

« Ce n’est pas seulement mon mari que j’ai dû convaincre, mais aussi ma belle-famille et ma propre famille. Ils sont tous passés par là ; tous ont une attitude de ‘qui pensez-vous être pour changer le monde’ à mon égard. »

Après beaucoup de persuasion, le mari de Layla a finalement accepté de ne plus infliger de MGF.

« Mais mon cœur va toujours à ma fille aînée », dit Layla. « Elle a beaucoup saigné et je n’ai pas pu la protéger ».

source: Saroj Pathirana

BBC World Service

https://www.bbc.com/afrique/region-57622927

Au Burkina Faso, la scolarisation des filles, enjeu du développement

Une meilleure école pour moins de pauvreté en Afrique (4). Dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète, une ONG lutte pour la parité dans les écoles.

Dans une école primaire du Burkina Faso.
ans une école primaire du Burkina Faso. LEON NEAL/AFP

Lorsque Fadiratou évoque ses rêves, ses yeux noirs s’illuminent. « Docteure. C’est ce que j’aimerais devenir », murmure-t-elle, avant de baisser le regard. Comme gênée de cette ambition qu’elle cultive dans son internat pour jeunes filles, à Nanoro, commune de la région Centre-Ouest, au Burkina Faso.Présentation de notre série Une meilleure école pour moins de pauvreté en Afrique

Il y a quelques années, Fadiratou ne pouvait même pas s’imaginer d’avenir professionnel, car son aventure scolaire devait se terminer en fin de primaire. Ses parents, cultivateurs, la destinaient au travail des champs et à un mariage arrangé pour lui « assurer une sécurité ». Jusqu’au jour où elle s’est rebellée. « J’ai dit non », raconte la jeune fille du haut de ses 18 ansun voile vert encadrant son visage aux traits encore enfantins. Je préférais aller à l’école pour réussir ma vie et ne pas dépendre d’un mari, comme ma mère. »

« Un chemin pavé d’obstacles »

Le Burkina affiche le cinquième taux le plus élevé au monde pour les mariages d’enfants, avec une fillette sur deux mariée avant ses 18 ans et une sur dix avant ses 15 ans. « Les parents préfèrent investir dans l’éducation des garçons, car la fille est considérée comme une étrangère qui devra partir vivre dans une autre famille et s’occuper des tâches ménagères », explique Naaba Karfo, roi et chef coutumier de Nanoro. « Chaque année, on perd des écolières, mariées de force puis rapidement enceintes », regrette l’inspecteur de l’enseignement de la commune, Seydou Yameogo, qui a ensuite bien du mal à les réintégrer dans le système scolaire.

Pauvreté, isolement géographique, pesanteurs sociales, mariages et grossesses précoces : au Burkina, où plus de 60 % de la population est analphabète et 40 % vit sous le seuil de pauvreté, le chemin vers l’école reste pavé de trop d’obstacles pour bien des jeunes filles.Episode 1 Au Kenya, une pilule « miracle » contre l’absentéisme à l’école

Si Fadiratou a réussi à les franchir, c’est parce que son ambition est arrivée aux oreilles de Yaya Ouedraogo. « J’ai regardé ses notes, qui étaient très bonnes. Cette jeune fille avait aussi une envie. Alors nous avons décidé de la soutenir pour qu’elle puisse aller au collège et au lycée », explique cet animateur de Res Publica, une association française qui a mis en place un plan de scolarisation des filles. En une vingtaine d’années, l’ONG a réussi le pari de multiplier par cinq l’effectif des filles dans la centaine de structures construites, dans trois provinces du pays.

Ses fondateurs, les Lyonnais Françoise et Jean-Claude Perrin, ont débarqué en 2001 au milieu des champs de sorgho et de mil de la région de Nanoro, dans le sillage d’un médecin français dont ils ont financé les missions. Le couple, qui observe alors les avancées sanitaires sur la zone, découvre la réticence des parents à envoyer leurs filles en classe. « Les familles, modestes préféraient garder leurs enfants pour être aidées dans les tâches ménagères et les travaux champêtres », se rappelle André Kaboré, coordinateur local de Nanoro. Les deux Français décident, avec leur argent personnel, d’octroyer des bourses aux filles.

« Ventre vide »

La localité qui regroupe 14 villages ne compte alors qu’une dizaine d’écoles primaires et un seul collège public, ce qui oblige les élèves à parcourir plusieurs kilomètres à pied, expose les fillettes aux agressions ou aux viols. Au Burkina, si l’école est gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, les familles doivent contribuer aux frais de fonctionnement des établissements, prendre en charge les déplacements et encore acheter des fournitures scolaires.

Res Publica décide alors de construire 16 nouveaux établissements – de la maternelle au lycée – avec trois internats féminins et met ces infrastructures à la disposition du ministère de l’éducation burkinabé, qui y nomme des enseignants. L’association, elle, prend en charge les frais de scolarité des enfants des familles les plus démunies et met en place des cantines avec des repas préparés par les familles du village. « Avant, les élèves restaient le ventre vide toute la journée, perdant en concentration », rapporte André Kaboré, bien conscient que ce repas quotidien, parfois le seul, est un argument de plus pour envoyer les enfants étudier.Episode 2 Au Sénégal, quand faire venir l’eau au village ramène les fillettes à l’école

Vingt ans plus tard, deux choses ont changé. « La parité est assurée entre filles et garçons », rappelle Jean-Claude Perrin. Ensuite, selon les données de l’association, les résultats scolaires de la zone ont progressé de 30 % depuis son intervention. « L’idée était de montrer que nous pouvions réussir à développer une région en injectant des deniers privés dans le pot commun », résume Fabien Pagès, directeur adjoint de Res Publica.

A Nanoro C, l’un des établissements primaires construit en 2004 par l’association, les enseignants continuent le combat pour changer les mentalités « dès l’école ! », insiste Habibata Zela Sanogo. Au sein de sa classe, l’institutrice veille à l’équilibre des travaux de groupes et combat pied à pied les préjugés. Elle invite régulièrement d’anciennes élèves devenues pompier ou médecin pour montrer aux filles que « c’est possible ! ». L’équipe enseignante se déplace aussi dans les villages pour convaincre les derniers parents « récalcitrants ».

« C’est moi qui l’aide ! »

L’enjeu de la scolarisation des filles reste énorme en Afrique subsaharienne, où vivent plus de la moitié des 61 millions d’enfants non scolarisés de la planète. Ces dernières années, le Burkina Faso a réalisé des progrès significatifs en matière éducative grâce à un plan décennal. Le nombre de filles scolarisées dans le primaire est passé de 72 % en 2008 à 95 % en 2018. Mais la difficulté vient après. Seulement 40 % d’entre elles poursuivent dans le secondaire et 4 % dans le supérieur. « Les familles pensent encore qu’il suffit que leur fille apprenne à lire et à écrire. Ensuite, elle doit travailler pour ne pas devenir une charge », observe Rasmata Ouedraogo, directrice de la promotion de l’éducation inclusive des filles au ministère de l’éducation nationale.Episode 3 En Côte d’Ivoire, enseigner à hauteur d’élève dans les communautés du cacao

« Si tous les adultes achevaient le secondaire, le taux de pauvreté dans le monde diminuerait de moitié », estime pourtant l’Unesco. Accès à l’emploi, meilleurs revenus, autonomisation des femmes : l’éducation contribue au développement de la croissance économique et à la baisse des inégalités, pointe l’agence onusienne.

Peu à peu, en terre burkinabée, la prise de conscience se fait. « Ma mère et ma grand-mère dépendaient de leur mari, moi-même j’ai dû arrêter l’école en CM2 et me marier à 18 ans. Alors je ne veux pas le même destin pour mes filles ! », insiste Marie-Jeanne Kafando, une cultivatrice qui complète ses revenus en donnant des cours d’alphabétisation à un groupement de femmes de Nanoro. « Beaucoup de mères sont analphabètes. Ces cours les aident à développer leur activité et à s’impliquer dans le suivi des devoirs de leurs enfants », raconte Mme Kafando, qui a pu elle-même payer ainsi les études de ses deux filles : « Maintenant, je gagne plus que mon mariC’est moi qui l’aide ! »

VIOLENCES CONJUGALES FAITE AUX FEMMES : UN PHENOMENE QUI PREND DE L’AMPLEUR AU BURKINA

Nombreuses sont les femmes qui sont sujettes à la maltraitance dans leurs foyers. Victimes de leurs conjoints, elles subissent la pire des humiliations. On aurait pu penser que les choses iraient dans un meilleur sens avec le temps mais hélas, c’est faux, le phénomène est toujours aussi présent et même plus présent dans la société burkinabé. Le problème étant donc très récurrent, nous avons jugé bon de nous y pencher afin de voir plus clair.

Au Burkina, 6 femmes sur 10 vivent dans un état constant d’insécurité de la part de leurs conjoints. C’est énorme ! Victimes de coups, de viols, de
traumatismes psychologiques, elles perdent ainsi facilement goût à la vie et ne lui accordent aucune importance. Ces femmes, prises de peur et redoutant leurs conjoints, ne s’expriment pas. Elles gardent au fond d’elles une douleur si lourde qui ne fait que stimuler leur amertume au fil des années passées au foyer. Ces femmes, qui sont le noyau central pour
assurer une bonne cohésion au sein de la famille et veiller à l’éducation des enfants, sont très vite déçues de ce que la vie leur a réservé et du coup relèguent au second plan leur rôle parental.

Dans la société burkinabé, les traditions ont encore une place prépondérante. La femme idéale est soumise, toute sa vie, elle est sous tutelle des hommes, de sa famille d’origine puis de sa famille par alliance. La femme mariée devient un objet, un bien appartenant à son mari. Il n’est donc pas étonnant de voir de nos jours une femme violée dans son propre foyer sous prétexte qu’elle doit remplir son devoir conjugal. Cela se voit surtout quand les unions ont été faites suite à des mariages forcés.

Cette violence faite aux femmes doit être dénoncée et condamnée. Nos autorités doivent œuvrer à sensibiliser cette couche fragile de la société, très souvent analphabète, en leur faisant comprendre qu’elles peuvent recourir à des voies légales lorsqu’elles sont victimes d’abus conjugaux. Il faut que des voix se lèvent pour dire non à l’injustice qu’elles subissent.

La plupart des hommes violents envers leurs conjointes ou ex-conjointes ne le sont pas à l’extérieur de leurs foyers. Ils sont souvent, au contraire, de bons et braves collègues de travail, des voisins sympathiques, ce qui les rend difficiles à identifier. Pourtant, en étant un peu observateur, on peut remarquer certains indices ou relier certains éléments d’information. Par exemple, si une victime proche de vous affiche des blessures comme des ecchymoses, des coupures, des marques ou des cicatrices qui ne peuvent être reliées à des activités courantes de la vie quotidienne, cela mérite que vous vous posiez des questions.

Par ailleurs, si vous êtes un témoin direct de violences conjugales, vous pouvez constater des faits et gestes de la part de l’agresseur. Un conjoint qui critique continuellement sa partenaire comme, par exemple, ses goûts, qui dénigre ses relations ou lui interdit carrément de fréquenter sa famille ou ses amis, qui contrôle ses activités ou sa façon de se vêtir, qui se moque de son apparence physique ou de ses performances sexuelles, qui menace de se suicider si elle quitte la relation ou utilise les enfants pour l’atteindre, fait preuve de violences conjugales envers sa conjointe.

La situation est très souvent délicate pour les femmes violentées car la plupart ne travaillent pas, ce qui donne un avantage à l’homme. Ce dernier lui fait croire à toutes les occasions qu’elle n’est rien sans lui. Désorientée et étant sous l’emprise de la peur, les victimes se résignent à leurs souffrances et décident de garder le silence jusqu’à ce que, parfois, la mort s’ensuive. Elles sont très peu à se révolter et à prendre la situation en main. Il faudrait peut-être penser à créer de vrais centres d’écoute et de conseil. La création de maisons pour femmes battues comme en Occident ne semble pas approprié au Faso car notre pays n’en a pas les moyens et surtout, les femmes battues sont légion ; il faut donc privilégier la sensibilisation aussi bien au niveau des femmes que des hommes qui doivent comprendre que ce qu’ils font est très mal et punissable par la loi.

En guise de conclusion, une chose est sûre ; les femmes n’échapperont pas à la violence tant qu’elles ne seront pas les égales des hommes, et l’égalité ne se décrète pas : il faut pour cela, l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation afin que les femmes obtiennent leur indispensable indépendance financière ! Bref, on comprend pourquoi les autorités comme bien d’organismes travaillent à faire en sorte que les filles aillent à l’école et le plus loin possible

Rama

Source:http://lefaso.net/spip.php?article40469

Au Faso, un numéro vert pour prévenir les violences faites au femmes

 Les femmes sont les premières victimes des violences liées au genre; Ouagadougou, le 3 mars 2021.

 Les femmes sont les premières victimes des violences liées au genre; Ouagadougou, le 3 mars 2021.Partager

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Le gouvernement burkinabè vient de mettre à disposition de la population un numéro vert pour dénoncer les cas de violence faites aux femmes. Tout citoyen peut saisir les forces de l’ordre, sur un numéro gratuit, lorsqu’il est témoin d’une situation de violence exercée sur la gente féminine.

« 80 00 12 87 le numéro vert d’alerte et de dénonciation des cas de violence basés sur le genre au Burkina Faso, tous et toutes, ensemble, brisons le silence ».

Le Burkina dispose d’un numéro vert sur lequel tout citoyen peut appeler pour dénoncer des cas de violences faites aux femmes dont il est témoin. Il s’agit pour le pays de renforcer la protection de la gente féminine contre toutes sortes d’agressions physiques, verbales et psychologiques.

De l’avis du Premier ministre Christophe Dabiré, pour pouvoir appliquer les dispositions de ces lois, il faut que politiques et judiciaires soient au courant de ce qui se passe derrière les murs des foyers.

« Ce numéro vert existe. Utilisons-le, c’est un pas positif que nous venons de poser dans la lutte contre les violences basées sur le genre », a-t-il insisté.

Au Burkina comme ailleurs, les cas de violences faites aux femmes sont un secret de polichinelle. Selon la ministre de la Femme, de la solidarité nationale et de l’action humanitaire, Laurence Marshall Ilboudo, il était temps de donner à la femme un outil qui puisse lui permettre de retrouver son intégrité.

« La législation burkinabè est forte et protège. Mais comment faire pour appliquer cette législation si on ne dénonce pas? Comment montrer l’exemple que cela ne se fait pas ici si on ne dénonce pas? « , s’est-elle interrogée.

Source: Voa Afrrique

https://www.voaafrique.com/a/burkina-faso-un-num%C3%A9ro-vert-pour-sauver-victimes-de-violences-li%C3%A9es-au-genre/5809061.html