Avec le retour des Taliban, quel avenir pour les femmes et les fillettes en Afghanistan?

Après l’offensive éclair des Taliban à travers l’Afghanistan, les femmes et les fillettes du pays, dont beaucoup avaient grandi avec des droits et la liberté, apparaissent comme les plus vulnérables. Alors que le mouvement islamiste radical a repris Kaboul, elles risquent de perdre ces acquis obtenus de longue lutte. 

Au lendemain de la fuite du président Ashraf Ghani, et alors que les Taliban ont déclaré que la guerre était terminée dans le pays, des centaines de personnes ont convergé lundi 16 août dès l’aube vers l’aéroport pour tenter de fuir. Vingt ans après, les femmes et les fillettes paraissent de nouveau vulnérables.

Lorsqu’ils dirigeaient ce pays, entre 1996 et 2001, les Taliban avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier. Le port de la burqa était obligatoire en public et elles ne pouvaient quitter leur domicile qu’accompagnées d’un « mahram », un chaperon de leur famille. Les flagellations et les exécutions, y compris les lapidations pour adultère, étaient pratiquées sur les places des villes et dans les stades.

Les Taliban cherchent aujourd’hui à présenter un visage plus modéré. Ils ont maintes fois promis que s’ils revenaient au pouvoir, ils respecteraient les droits humains, en particulier ceux des femmes, en accord avec les « valeurs islamiques ». L’un de leurs porte-paroles, Suhail Shaheen, a déclaré à la BBC que les droits des femmes seraient préservés, tout comme les libertés des médias et des diplomates. « Nous assurons la population, en particulier dans la ville de Kaboul, que leurs propriétés, leurs vies sont en sécurité », a-t-il déclaré.

Antonio Guterres « particulièrement préoccupé par l’avenir des femmes et des filles »

Pas convaincu par ces propos, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, « particulièrement préoccupé par l’avenir des femmes et des filles, dont les droits durement acquis doivent être protégés », a appelé toutes les parties au conflit à « la plus grande retenue ».

Selon des chiffres de l’ONU, depuis le début de l’année 2021, les décès de civils ont augmenté de 50 %. Il y a eu plus de femmes et d’enfants tués et blessés dans le pays dans les six premiers mois de l’année par rapport à n’importe quelle année depuis 2009.

Le gouvernement afghan accuse les Taliban de ces assassinats. « Les femmes et les enfants souffrent le plus, et nos forces essayent de sauver la démocratie. Le monde doit le comprendre et nous aider », avait déclaré un porte-parole du gouvernement afghan, le 13 août.

Alors que la capitale est tombée entre les mains des Taliban, ces appels à l’aide semblent arriver bien tard. Dans les zones nouvellement conquises, ils ont déjà été accusés de nombreuses atrocités. Les Taliban feraient du porte-à-porte pour établir des listes de jeunes filles et de femmes âgées de 12 à 45 ans, dans le but de les marier de force avec des insurgés islamistes. Ces dernières ne peuvent pas non plus sortir sans une escorte masculine, ne peuvent travailler ou étudier et ne peuvent choisir librement leur tenue. Les écoles sont également fermées.

Des rêves brisées

Pour toute une génération d’Afghanes qui sont entrées dans la vie active en tant qu’avocate, journaliste, gouverneur local, médecin, infirmière, enseignante ou agent administratif, il y a beaucoup à perdre. Alors qu’elles se sont battues pour travailler aux côtés de leurs homologues masculins au sein de communauté qui n’avaient pas l’habitude de voir des femmes dans des positions d’autorité, elles envisageaient un avenir meilleur pour elles-mêmes et les générations futures.

Zahra, membre d’une ONG âgée de 26 ans, fait partie de ces jeunes femmes qui ont peur que leur éducation et leurs ambitions ne mènent plus à rien. « Je suis en état de choc », déclare-t-elle à AP. « Comment est-ce possible pour une femme comme moi qui a tant travaillé pour apprendre et évoluer de me cacher désormais et de rester chez moi ? ». Zahra a dû arrêter de se rendre à son bureau il y a un mois face à l’offensive des Taliban.

« Un oiseau noir »

De nombreuses Afghanes ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour exprimer leur frustration face à cette situation. « J’ai commencé ma journée en regardant les rues vides de Kaboul, horrifiée [pour] les habitants », écrit Fawzia Koofi, militante des droits et ancienne vice-présidente du Parlement afghan. « L’histoire se répète si vite ».

I start my day looking at empty streets of Kabul, horrified it’s people. History repeats itself so quickly.— Fawzia Koofi (@FawziaKoofi77) August 16, 2021

« La peur reste en vous comme un oiseau noir », ajoute Muska Dastageer, maître de conférences à l’université américaine d’Afghanistan, inaugurée cinq ans après le départ des Taliban. « Il ouvre ses ailes et vous ne pouvez plus respirer ».

The fear just sits inside your chest like a black bird. It opens its wings and you can’t breathe.— Muska Dastageer (@DastageerMuska) August 15, 2021

Le compte Twitter de Rada Akbar, une femme de 33 ans, était rempli lundi d’émoticônes « cœur brisé ». « Mon Afghanistan bien-aimé s’est effondré sous mes yeux », écrit-elle dans un message.

Dans un autre tweet, une photo devenue virale montre un homme recouvrant de peinture la photo d’une mariée souriante affichée sur la vitrine d’un magasin. Pour elle, le geste de cet homme montre qu’il faut désormais « effacer les femmes de l’espace public », car les Taliban ne tolèrent pas de reproduction d’images de femmes.

Erasing women from the public space💔 https://t.co/da2KsXtbCZ— Rada Akbar (@RADAAKBAR) August 15, 2021

Cette peintre et photographe est connue pour ses autoportraits qui constituent sa déclaration d’indépendance et la revendication de son héritage, au nom des Afghanes. Cette année, elle a été contrainte d’organiser son exposition, qui rendait hommage à des personnalités féminines afghanes, en ligne, après avoir reçu des menaces. Lundi matin, sa peur était palpable. « Je veux devenir invisible et me cacher du monde », écrit-elle dans son dernier tweet.

Interdiction de travailler

L’ancienne avocate Farkhunda Zahra Naderi membre du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, a elle aussi été témoin de l’ouverture de son pays au cours des vingt dernières années. « Ma plus grande peur maintenant est qu’ils marginalisent ces femmes qui travaillent dans des positions dirigeantes, qui ont été une voix importante contre ceux qui les maltraitaient et qui essayaient également de changer les choses sur le terrain », résume-t-elle dans une interview avec Bloomberg. « S’ils éliminent ces dirigeantes, qui restera-t-il pour parler pour ces femmes et défendre ce qu’elles ont acquis ces vingt dernières années ? ».

Lors de leurs pourparlers avec les pays occidentaux, les Taliban ont promis que les femmes continueraient d’avoir des droits égaux en accord avec l’islam, dont l’accès au travail et à l’éducation. Mais dans des villes tombées aux mains des insurgés, les femmes ont déjà perdu leur travail. Des employées dans des banques de Kandahar et de Herat ont été harcelées par des Taliban en juillet. Des hommes armés les ont escortées jusque chez elles et leur ont dit de ne pas retourner au travail.

« C’est vraiment bizarre de ne pas être autorisée à travailler, mais c’est comme ça maintenant », témoigne Noor Khatera, l’une des employées de la banque, à Reuters. « J’ai appris l’anglais et à me servir d’un ordinateur et maintenant je vais devoir trouver un endroit où je peux seulement être avec des femmes ».

Pour les étudiantes, l’avenir s’annonce tout aussi sombre. Selon Victoria Fontan, vice-présidente de l’université américaine d’Afghanistan, certaines de ses élèves sont désormais terrées dans les villes de Kandahar et de Herat déjà prises par les Taliban. « La vie est difficile pour elles », raconte-t-elle à France 24. Vont-elles pouvoir continuer à étudier en ligne ? […] Elles ont peur d’être confinées chez elles et de ne plus pouvoir étudier » .

Marianne O’Grady, la directrice de CARE en Afghanistan, est plus optimiste. Elle pense que les progrès obtenus par les femmes au cours des deux dernières décennies seront difficiles à effacer. « Vous ne pouvez pas déséduquer des millions de personnes », a-t-elle affirmé à AP. Si des femmes « sont retenues derrière des murs et ne peuvent pas sortir, elles pourront au moins transmettre leur savoir à leurs cousins, leurs voisins ou à leurs enfants ce qui n’était pas le cas il y a vingt-cinq ans ».

Fuir ou rester

Beaucoup de femmes ont cependant choisi de fuir. Depuis le mois de mai, près de 250 000 Afghans ont quitté leur maison, dont 80 % de femmes et d’enfants, selon l’ONU.

Sahraa Karimi, l’une des réalisatrices afghanes les plus connues, dit ne pas avoir l’intention de quitter l’Afghanistan. « Jusqu’au bout, je n’abandonnerai pas mon pays », a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée sur Twitter, essuyant des larmes. « Peut-être que beaucoup penseront que c’est de la folie. Mais la folie, c’est ce qu’ont fait ceux qui ont abusé de notre patrie […]. La bêtise, c’est ce que le monde a montré en nous tournant le dos ».

Source: France 24

Covid-19: au Royaume-Uni, les femmes enceintes encouragées à se faire vacciner

Au Royaume-Uni, sur 700 000 femmes qui accouchent chaque année, seules 20 000 ont reçu les deux doses de vaccin contre le Covid-19.
Au Royaume-Uni, sur 700 000 femmes qui accouchent chaque année, seules 20 000 ont reçu les deux doses de vaccin contre le Covid-19. AFP – ISABEL INFANTES

Le variant Delta est plus dangereux pour les femmes enceintes. Or nombre d’entre elles hésitent encore à se faire vacciner au Royaume-Uni. Les résultats d’une étude de l’Université d’Oxford indiquent que le vaccin les protège.PUBLICITÉ

Avec notre correspondante à Londres, Marie Boëda

Quarante-cinq pour cent des femmes enceintes admises à l’hôpital développent des formes modérées ou graves du virus, indique l’étude. Cela peut se traduire par une pneumonie, un manque d’oxygène, voire un décès. Des données récoltées lorsque le variant Delta est devenu majoritaire dans le pays. Et sur ce pourcentage, aucune n’était complètement vaccinée et seulement 0,5% avaient reçu une dose.

« Les vaccins sauvent la vie et ces chiffres sont un rappel qu’ils peuvent vous garder, vous et votre bébé, en sécurité et hors de l’hôpital », déclare la responsable des sages-femmes du NHS en Angleterre.

Une deuxième dose recommandée avant le troisième trimestre de grossesse

Elle leur recommande de recevoir la deuxième dose avant le troisième trimestre de grossesse. C’est à ce moment-là que les formes graves sont les plus fréquentes. En plus de se protéger, les dernières études montrent que les mères transmettent des anticorps à leur bébé.

Même recommandation cette semaine de la Première ministre écossaise et du ministre britannique des Vaccins. Sur 700 000 femmes qui accouchent chaque année, seules 20 000 ont reçu les deux doses.

Source: RFI

Les différentes formes de violences

Les violences conjugales revêtent des formes multiples qui permettent à l’agresseur d’adapter ses stratégies de contrôle .Les formes de violence qu’il utilisera peuvent se cumuler, s’imbriquer selon l’environnement et les réactions de sa partenaire. Ces violences sont sanctionnées par la loi et peuvent faire l’objet d’un certificat médical descriptif avec définition d’une Incapacité Temporaire de Travail. Ce document est essentiel dans le parcours judiciaire de la victime.

Les différentes formes de violences conjugales se conjuguent souvent pour une même femme. Une même victime, peut être exposée à d’autres violences au travail ou sur la voie publique. C’est la notion de survictimisation.
Les violences peuvent être présentes aux différents âges de la vie d’une fille et d’une femme. C’est ce qu’on nomme le continuum des violences et qui invite à lutter contre les violences faites aux filles et aux femmes dans toutes les sphères de la vie, sous toutes leurs formes et à tous les âges.

Les violences psychologiques

Sont des violences insidieuses, permanentes qui causent des dégâts émotionnels importants, diminuent l’estime de soi et peuvent plonger la victime en état dépressif voire suicidaire. Il s’agit de violences asymétriques où l’agresseur estime que son comportement est justifié par l’incompétence ou le comportement (réel ou supposé) de sa compagne. La jalousie, le contrôle des déplacements en font partie. Ces méthodes entraînent un transfert de responsabilité sur la victime qui finit par se croire responsable du déclenchement des violences. L’isolement progressif de la victime augmente sa fragilité face aux violences psychologiques.

« La violence psychologique peut aussi exister séparément ou n’être qu’un préalable à la violence physique. C’est une violence faite d’attitudes ou de propos humiliants, dénigrants, méprisants, de menaces ou de chantage. Cette violence insidieuse se poursuit sur une période souvent très longue. Par un phénomène d’emprise, la victime subit les pires avanies pendant des années, cherchant parfois même des excuses à son partenaire.»
.

Il s’agit d’une stratégie globale d’emprise, d’isolement et de déstabilisation de la victime (rupture avec le réseau amical, familial, professionnel de la victime). Le conjoint s’est littéralement approprié sa conjointe qui doit se conformer à ses exigences tout en sachant qu’elle aura toujours tort quoi qu’elle fasse. Chaque crise est l’occasion de vérifier la possession et la soumission à l’autre. C’est une véritable entreprise de destruction de l’autre qui est à l’œuvre. Les violences psychologiques sont présentes dans toutes les situations de violence conjugale et « préparent » en quelque sorte la victime à « accepter » les autres formes de violence.

« J’ai longtemps cru que la violence conjugale ne me concernait pas, parce que mon mari ne me battait pas, mais, en fait, j’étais si soumise qu’il n’avait pas besoin de me frapper pour que je fasse ses quatre volontés. La violence physique n’est apparue que quand j’ai commencé à résister ».

Les violences verbales

Sont utilisées par l’agresseur pour contrôler, déstabiliser, humilier et détruire sa conjointe. Les mots expriment des reproches, critiques, humiliations, menaces envers la femme et/ou les enfants… Quel que soit le ton utilisé, l’agresseur cherche à effrayer, mettre mal à l’aise sa victime : cris, ton brusque, silences, insultes, interruption de l’autre quand elle s’exprime, reproches à l’autre de parler.

« Quand il m’injurie, c’est comme s’il me rouait de coups. Ça me laisse sonnée, malade physiquement, K.-O ».
Marie-France Hirigoyen, Docteure en médecine, spécialisée en psychiatrie – extrait de l’ouvrage « Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple »- édition Oh ! – 2005.

« Les paroles ça reste, le plus dur à encaisser ce sont les paroles, je les ai dans la tête les paroles. »
MIPROF – extrait du court métrage de formation Anna – 2013.

Les violences physiques

Sont les plus repérables car elles peuvent laisser des traces visibles. Elles correspondent à toute action qui met en danger l’intégrité physique ou la santé corporelle de la victime.

« Les violences physiques ne sont jamais isolées. Elles sont accompagnées d’injures, de menaces, de pression, de négation de la victime en tant que personne respectable et précèdent le plus souvent des rapports sexuels forcés.»
Professeur M. Debout Chef du service de Médecine Légale du CHU de Saint Etienne – Réalités n° 90 – Publication de l’UNAF – juin 2010.

« La violence physique inclut une large gamme de sévices qui peuvent aller d’une simple bousculade à l’homicide : pincements, gifles, coups de poing, coups de pied, tentatives de strangulation, morsures, brûlures, bras tordus, agression avec une arme blanche ou une arme à feu. … La séquestration n’est pas à exclure. … Beaucoup de coups visent le ventre lorsque la femme est enceinte.»
Marie-France Hirigoyen, Docteure en médecine, spécialisée en psychiatrie – extrait de l’ouvrage « Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple »- édition Oh ! – 2005.

« J’ai vécu avec un homme qui a levé la main sur moi et sur mon fils. Au début, j’étais très jeune et très amoureuse, j’ai même abandonné mes études tellement j’étais amoureuse. La violence est venue progressivement, toujours pour des conneries … Je recevais une claque ou des coups de poing dans le ventre, ou alors il m’allongeait et il m’étranglait en m’obligeant à demander pardon. ».
Catherine Cabrol – extrait de l’ouvrage « Blessures de femmes » – édition Atlantica – 2009

Les violences sexuelles

Ce sont des violences physiques et psychologiques peu exprimées car elles restent taboues.

« C’est la forme de violence dont les femmes ont le plus de mal à parler et pourtant elle est très souvent présente. La violence sexuelle comprend un spectre très large allant du harcèlement sexuel à l’exploitation sexuelle, en passant par le viol conjugal. Ce peut être obliger quelqu’un à des activités sexuelles dangereuses ou dégradantes, à des mises en scène déplaisantes, mais le plus souvent il s’agit simplement d’obliger une personne à une relation sexuelle non désirée, soit par la suggestion (tu es bien pudibonde !), soit par la menace».
Marie-France Hirigoyen, Docteure en médecine, spécialisée en psychiatrie – extrait de l’ouvrage « Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple »- édition Oh ! – 2005.

Ces violences, dont le viol conjugal, sont sanctionnées par la loi. La difficulté réside dans la prise de conscience des victimes de subir des relations sexuelles imposées et de le prouver.

« Pendant vingt ans, j’ai subi un homme violent, pervers, destructeur. Aux violences verbales et physiques s’ajoutaient les rapports sexuels « consentis » à coups de poing. Un travail de destruction porté à son paroxysme. J’en ai parlé, n’ai rien caché, pour revivre, la tête haute ».
Extrait de l’ouvrage de Clémentine Autain « Elles se manifestent, Viol 100 femmes témoignent » édition DonQuichotte – 2013.

Les violences économiques et patrimoniales

Sont fréquentes. L’objectif est de réduire l’autonomie de la victime et ainsi de limiter ses possibilités d’échapper à la relation conjugale en la maintenant dans une dépendance financière : privation ou contrôle des ressources financières et matérielles, engagement de crédits à l’insu de la victime, contrôle des activités professionnelles : interdiction de travailler ou l’empêchement à travailler, privations matérielles, contrôle précis des dépenses, contrarier un retour vers l’emploi (exemple après un congé parental).

Les violences administratives

Sont la confiscation de documents (carte nationale d’identité, permis de conduire, livret de famille, carte vitale…). Elles concernent notamment les femmes étrangères conjointes de ressortissants français et les femmes étrangères bénéficiant d’un regroupement familial. On parle de double violence : les violences conjugales et les pressions ou le chantage exercés par le conjoint autour de l’obtention ou le renouvellement du titre de séjour (cf article L313-12 du CESEDA relatif au droit des étrangers). La rupture de la vie commune peut avoir une incidence sur le droit de séjourner sur le sol français. Il arrive, également, à l’occasion d’un séjour à l’étranger, que le conjoint confisque le passeport de sa femme pour l’empêcher de revenir sur le sol français.

es différentes formes de violences

Les violences conjugales revêtent des formes multiples qui permettent à l’agresseur d’adapter ses stratégies de contrôleLes formes de violence qu’il utilisera peuvent se cumuler, s’imbriquer selon l’environnement et les réactions de sa partenaire. Ces violences sont sanctionnables par la loi et peuvent faire l’objet d’un certificat médical descriptif avec définition d’une Incapacité Temporaire de Travail. Ce document est essentiel dans le parcours judiciaire de la victime.

www.vos-droits.justice.gouv.fr
www.institutdevictimologie.fr

Les différentes formes de violences conjugales se conjuguent souvent pour une même femme. Une même victime, peut être exposée à d’autres violences au travail ou sur la voie publique. C’est la notion de survictimisation.
Les violences peuvent être présentes aux différents âges de la vie d’une fille et d’une femme. C’est ce qu’on nomme le continuum des violences et qui invite à lutter contre les violences faites aux filles et aux femmes dans toutes les sphères de la vie, sous toutes leurs formes et à tous les âges.

Les violences psychologiques

Sont des violences insidieuses, permanentes qui causent des dégâts émotionnels importants, diminuent l’estime de soi et peuvent plonger la victime en état dépressif voire suicidaire. Il s’agit de violences asymétriques où l’agresseur estime que son comportement est justifié par l’incompétence ou le comportement (réel ou supposé) de sa compagne. La jalousie, le contrôle des déplacements en font partie. Ces méthodes entraînent un transfert de responsabilité sur la victime qui finit par se croire responsable du déclenchement des violences. L’isolement progressif de la victime augmente sa fragilité face aux violences psychologiques.

« La violence psychologique peut aussi exister séparément ou n’être qu’un préalable à la violence physique. C’est une violence faite d’attitudes ou de propos humiliants, dénigrants, méprisants, de menaces ou de chantage. Cette violence insidieuse se poursuit sur une période souvent très longue. Par un phénomène d’emprise, la victime subit les pires avanies pendant des années, cherchant parfois même des excuses à son partenaire.»

Il s’agit d’une stratégie globale d’emprise, d’isolement et de déstabilisation de la victime (rupture avec le réseau amical, familial, professionnel de la victime). Le conjoint s’est littéralement approprié sa conjointe qui doit se conformer à ses exigences tout en sachant qu’elle aura toujours tort quoi qu’elle fasse. Chaque crise est l’occasion de vérifier la possession et la soumission à l’autre. C’est une véritable entreprise de destruction de l’autre qui est à l’œuvre. Les violences psychologiques sont présentes dans toutes les situations de violence conjugale et « préparent » en quelque sorte la victime à « accepter » les autres formes de violence.

« J’ai longtemps cru que la violence conjugale ne me concernait pas, parce que mon mari ne me battait pas, mais, en fait, j’étais si soumise qu’il n’avait pas besoin de me frapper pour que je fasse ses quatre volontés. La violence physique n’est apparue que quand j’ai commencé à résister ».
(Marie-France Hirigoyen, Docteure en médecine, spécialisée en psychiatrie – extrait de l’ouvrage « Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple »- édition Oh ! – 2005.

Les violences verbales

Sont utilisées par l’agresseur pour contrôler, déstabiliser, humilier et détruire sa conjointe. Les mots expriment des reproches, critiques, humiliations, menaces envers la femme et/ou les enfants… Quel que soit le ton utilisé, l’agresseur cherche à effrayer, mettre mal à l’aise sa victime : cris, ton brusque, silences, insultes, interruption de l’autre quand elle s’exprime, reproches à l’autre de parler.

« Quand il m’injurie, c’est comme s’il me rouait de coups. Ça me laisse sonnée, malade physiquement, K.-O ».
Marie-France Hirigoyen, Docteure en médecine, spécialisée en psychiatrie – extrait de l’ouvrage « Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple »- édition Oh ! – 2005.

« Les paroles ça reste, le plus dur à encaisser ce sont les paroles, je les ai dans la tête les paroles. »
MIPROF – extrait du court métrage de formation Anna – 2013.

Les violences physiques

Sont les plus repérables car elles peuvent laisser des traces visibles. Elles correspondent à toute action qui met en danger l’intégrité physique ou la santé corporelle de la victime.

« Les violences physiques ne sont jamais isolées. Elles sont accompagnées d’injures, de menaces, de pression, de négation de la victime en tant que personne respectable et précèdent le plus souvent des rapports sexuels forcés.»

« La violence physique inclut une large gamme de sévices qui peuvent aller d’une simple bousculade à l’homicide : pincements, gifles, coups de poing, coups de pied, tentatives de strangulation, morsures, brûlures, bras tordus, agression avec une arme blanche ou une arme à feu. … La séquestration n’est pas à exclure. … Beaucoup de coups visent le ventre lorsque la femme est enceinte.»
Marie-France Hirigoyen, Docteure en médecine, spécialisée en psychiatrie – extrait de l’ouvrage « Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple »- édition Oh ! – 2005.

« J’ai vécu avec un homme qui a levé la main sur moi et sur mon fils. Au début, j’étais très jeune et très amoureuse, j’ai même abandonné mes études tellement j’étais amoureuse. La violence est venue progressivement, toujours pour des conneries … Je recevais une claque ou des coups de poing dans le ventre, ou alors il m’allongeait et il m’étranglait en m’obligeant à demander pardon. ».
Catherine Cabrol – extrait de l’ouvrage « Blessures de femmes » – édition Atlantica – 2009

Les violences sexuelles

Ce sont des violences physiques et psychologiques peu exprimées car elles restent taboues.

« C’est la forme de violence dont les femmes ont le plus de mal à parler et pourtant elle est très souvent présente. La violence sexuelle comprend un spectre très large allant du harcèlement sexuel à l’exploitation sexuelle, en passant par le viol conjugal. Ce peut être obliger quelqu’un à des activités sexuelles dangereuses ou dégradantes, à des mises en scène déplaisantes, mais le plus souvent il s’agit simplement d’obliger une personne à une relation sexuelle non désirée, soit par la suggestion (tu es bien pudibonde !), soit par la menace».
Marie-France Hirigoyen, Docteure en médecine, spécialisée en psychiatrie – extrait de l’ouvrage « Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple »- édition Oh ! – 2005.

Ces violences, dont le viol conjugal, sont sanctionnées par la loi. La difficulté réside dans la prise de conscience des victimes de subir des relations sexuelles imposées et de le prouver.

« Pendant vingt ans, j’ai subi un homme violent, pervers, destructeur. Aux violences verbales et physiques s’ajoutaient les rapports sexuels « consentis » à coups de poing. Un travail de destruction porté à son paroxysme. J’en ai parlé, n’ai rien caché, pour revivre, la tête haute ».
Extrait de l’ouvrage de Clémentine Autain « Elles se manifestent, Viol 100 femmes témoignent » édition DonQuichotte – 2013.

Les violences économiques et patrimoniales

Sont fréquentes. L’objectif est de réduire l’autonomie de la victime et ainsi de limiter ses possibilités d’échapper à la relation conjugale en la maintenant dans une dépendance financière : privation ou contrôle des ressources financières et matérielles, engagement de crédits à l’insu de la victime, contrôle des activités professionnelles : interdiction de travailler ou l’empêchement à travailler, privations matérielles, contrôle précis des dépenses, contrarier un retour vers l’emploi (exemple après un congé parental).

Les violences administratives

Sont la confiscation de documents (carte nationale d’identité, permis de conduire, livret de famille, carte vitale…). Elles concernent notamment les femmes étrangères conjointes de ressortissants français et les femmes étrangères bénéficiant d’un regroupement familial. On parle de double violence : les violences conjugales et les pressions ou le chantage exercés par le conjoint autour de l’obtention ou le renouvellement du titre de séjour (cf article L313-12 du CESEDA relatif au droit des étrangers). La rupture de la vie commune peut avoir une incidence sur le droit de séjourner sur le sol français. Il arrive, également, à l’occasion d’un séjour à l’étranger, que le conjoint confisque le passeport de sa femme pour l’empêcher de revenir sur le sol français.

Les violences sur les enfants

Elles sont les moyens pour l’auteur d’imposer son pouvoir sur la victime, l’enfant peut devenir un enjeu dans la relation, et cela avant même sa naissance.

« Les violences conjugales ont des effets traumatiques sur l’enfant dès la période de grossesse : les violences infligées à la mère peuvent provoquer des hémorragies, des fractures ou une hypotrophie fœtale et jusqu’à la mort de l’enfant.»
Edouard Durand – ouvrage Violences conjugales et parentalité, Protéger la mère c’est protéger l’enfant » – L’Harmattan 2013.

A cause de la relation d’emprise, la mère se trouve alors dans une position qui affecte son autorité, l’auteur en la discréditant en tant que mère, peut compromettre le lien mère-enfant. La femme s’adapte en permanence au comportement violent de son conjoint pour protéger ses enfants. Elle peut, par exemple, renoncer à un départ par 

Source: Solidarité femme

Violences faites aux femmes: les Maliennes attendent une loi depuis plus de trois ans

Des manifestants se rassemblent place de l'Indépendance à Bamako pour marcher contre les violences faites aux femmes au Mali, le 26 septembre 2020.

Les barrières socio-culturelles pèsent sur les victimes d’agressions au Mali, provoquant une autocensure qui limitent le nombre de dénonciations et empêche les poursuites pénales contre les auteurs de ces crimes. Un texte de loi est en préparation mais cela fait des années qu’il stagne à l’état de projet.

Viols, agressions physiques ou psychologiques, violences conjugales ou de rue, les femmes maliennes sont quotidiennement victimes. Mais très peu osent en parler. Un avant-projet de loi sur les violences basées sur le genre existe pourtant.

 « Pour minimiser les risques en cas de dénonciation. À chaque fois qu’une femme veut porter plainte, les pesanteurs socio-culturelles sont là. Quand vous voulez dénoncer un cas de violence conjugale par exemple, vous aurez forcément la pression de la famille. Même la pression des enfants. Donc ce sont ces barrières qu’il faut lever. Avec une loi, il y aura davantage de dénonciation », plaide Maître Mariam Traoré, avocate au sein de l’association de défense des droits des femmes Wildaf-Mali qui juge ce dispositif indispensable.

Lentement, la parole se libère

Le problème, c’est que cet avant-projet de loi existe depuis plus de trois ans, mais qu’il n’a jamais été soumis aux députés. Il faut dire que le texte suscite de nombreuses réticences, notamment dans les milieux les plus conservateurs. En 2011, le gouvernement malien avait cédé aux pressions du Haut conseil islamique lors de l’adoption d’un nouveau Code de la famille, dont la version initiale accordait trop d’avancées au statut des femmes maliennes.

Deux espoirs cependant pour les défenseurs de la nouvelle loi sur les violences faites aux femmes : le premier, c’est la médiatisation récente de plusieurs cas, notamment celui de l’ex-compagne du musicien Sidiki Diabaté, qui commence doucement à libérer la parole. Le second, c’est l’entrée au gouvernement de transition, le mois dernier, de Bintou Samaké. Celle qui a porté pendant de longues années cette lutte au sein de la société civile est aujourd’hui ministre de la Promotion de la femme.

Source:RFI Afrique

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201125-violences-faites-aux-femmes-les-maliennes-attendent-une-loi-depuis-plus-de-trois-ans

L’Abolition du mariage précoce au Burkina Faso, bientôt une réalité

Parce qu’ils sont accablés par la pauvreté ou par tradition, certains parents au Burkina Faso n’hésitent pas à marier leurs filles très tôt. Parfois aussi, l’honneur de la famille est lié à la virginité des filles. Alors, les parents les marient bien avant qu’elles ne soient prêtes à avoir des relations sexuelles.

Bien que la lutte contre le mariage précoce a débuté depuis longtemps et que de nombreuses actions sont menées dans ce sens, il est temps de trouver des solutions capables de mettre totalement fin à ce fléau.

Prêcher par l’exemple

L’une d’entre elles pourrait être de demander aux filles et femmes  ayant déjà obtenu une formation professionnelle dans le cadre du projet pour l’autonomisation des filles et le dividende démographique au Sahel , de s’investir dans les efforts de sensibilisation auprès de leur communauté. Elles pourraient rencontrer régulièrement les chefs de villages, les chefs religieux, les autorités locales, les parents et des maris pour les sensibiliser sur les droits des filles, l’importance de leur scolarisation et sur les dangers liés au mariage précoce.

Leur expérience pourrait servir d’exemple positif pour convaincre les parents et maris et de modèles à suivre.

Miser sur l’agriculture

Au Burkina Faso, plusieurs familles rurales vivent de l’agriculture. Offrir des formations agricoles aux jeunes filles est une autre solution contre le mariage précoce. Cela aiderait les familles à augmenter leurs revenus en permettant aux filles du foyer d’apprendre des compétences et de gagner de l’argent. Mais il faudrait parallèlement régler le problème de la faible productivité des agriculteurs. Jadis 1e pays producteur de coton en Afrique, le Burkina Faso occupe aujourd’hui le 4e rang. Ce recul s’explique essentiellement par les attaques parasitaires, la mauvaise qualité des intrants et des techniques agricoles inappropriées. Les  jeunes filles d’un même village pourraient s’organiser en coopératives et bénéficier de l’aide d’experts ou d’une agence de développement rurale pour renforcer leurs capacités de production agricole et s’adapter aux aléas climatiques grâce à l’utilisation de semences et de techniques améliorées.

Former à des métiers porteurs

Une autre solution qui fait déjà ses preuves dans de nombreuses communautés et gagnerait à être développée serait d’offrir des formations gratuites aux filles mineures ou jeunes adultes déjà mariées, pour qu’elles exercent des métiers dans des domaines stratégiques comme la santé, l’énergie et le numérique afin qu’elles puissent à leur tour participer au développement et à l’évolution des mentalités de leur communauté.

L’éducation, solution incontournable contre le mariage précoce

Chaque jeune fille a droit à l’éducation. On ne le dira jamais assez. Je propose d’intégrer dans l’enseignement primaire Burkinabè une nouvelle matière nommée « BANGRE YA SOMAN » qui signifie « Le savoir est bien ». Il s’agirait d’un cours de sensibilisation, d’information, et d’échange avec les fillettes sur leurs droits et sur leur autonomisation. L’objectif est de les préparer psychologiquement et d’attirer leur attention sur la question du mariage précoce afin qu’elles se sentent entourées et aient le courage de s’opposer à leurs parents si l’occasion se présente. Cela permettra également de valoriser les fillettes dès l’enfance et de leur faire comprendre qu’elles représentent un grand potentiel de développement pour leur communauté et qu’en poursuivant leurs études, elles pourront réaliser des choses extraordinaires comme les hommes.

Voter et appliquer les lois

Enfin, cette pratique ne disparaîtra pas sans le concours de la loi. Mais plusieurs familles ignorent l’interdiction du mariage précoce ou enfreignent la loi. Ce délit est si répandu qu’il est normalisé. Il faut absolument renforcer l’application effective des lois déjà en vigueur et sanctionner ceux qui ne les respectent pas. La célébration de mariage précoce doit également être interdite aux chefs coutumiers et chefs religieux sous peine d’emprisonnement de tous les acteurs concernés : les parents, l’autorité en charge de la célébration du mariage et le futur marié.

Contrairement à ce que beaucoup de parents pensent, le mariages précoce maintient leurs filles et leurs enfants à venir dans la pauvreté, de génération en génération.

Abolir ce fléau est plus qu’une nécessité pour le développement durable de l’Afrique et pour l’autonomisation de la Femme.

Samira Ouédraogo

Source:https://blogs.worldbank.org/fr/youth-transforming-africa/labolition-du-mariage-precoce-au-burkina-faso-bientot-une-realite